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04/06/2012

d'amour et de pleine lune

Je m'appelle Dana et ça fait six mois que je n'ai pas touché aux frites, aux pâtes et au vin. Je ne bois pas de boissons acidulées, je ne mange jamais de cheeseburgers, j'ai renoncé au cassoulet, aux patates, aux carottes,  aux gâteaux et au pain (pour l'instant). Dans mon frigo, vous ne trouverez que des confitures et des compotes bio, sans sucre, car je déteste les édulcorants.

Voilà le discours que je pourrais fièrement tenir devant un club des obsédés de la ligne, comme moi. Et ils auraient beau me conseiller des Dukan, des Atkinson, des Oshawa, j'ai quasiment tout essayé et j'ai décidé de m'inventer mon propre style où seul le son d'avoine sera admis car je suis persuadée de son efficacité.

Mais récemment, j'ai découvert que le meilleur régime c'est d'essayer de bouffer à l'école, avec les collègues.  Quoi que je mette dans mon petit récipient, ils vont vite fait trouver une raison pour te dissuader d'y goûter. Ainsi, les laitages 0%, c'est plus d'amidon que de substance active, les olives, ah, ma chère, elles sont traitées à je ne sais quel acide et il faut surtout pas cuisiner avec de l'huile d'olives, c'est toxique ! Le jus , ah, tu le prépares toi-même, quelle galère que de nettoyer le robot après, mais bon, tu as le temps, toi ! Ha, du chocolat noir, ne me dis pas que tu apprécies, tu sais bien que c'est pour les snob, ça ! 85% cacao en plus, j'ai la bouche amère rien que d'y penser. Fais gaffe, ne bois pas trop de thé vert , il paraît que c'est pire que le café. Dis-donc, tu crois vraiment que ta viande de dinde est bio ? Tu parles, avec les pluies acides et le sol et tout, j'y crois pas, moi. Et ce tofu, tu es naïve de croire qu'il n'a pas été génétiquement modifié. Tu manges des crevettes ? Beurk, à chaque fois que j'en vois, je pense à Alien ! 

Et ainsi de suite. Ne sont-ils pas adorables, mes collègues ? Ils se soucient tellement de ma santé  que j'ai renoncé à apporter ma pitance au bahut. Je jeûne donc , en les regardant se gaver de bretzels ou de croissants au chocolat. 

J'ose même plus boire de l'eau, car, selon les dernières recherches, le mythe des deux litres de liquides par jour s'est effondré aussi. Je tremble d'envie, la main sur la poignée du frigo, ma volonté chêtive est mise à rude épreuve, mais je résiste, je tiens bon, car grâce aux conseils bienveillants, je sais à présent que tout est toxique. Alors il ne me reste qu'à me nourrir d'amour et de ballades sous clair de lune ( si, si, il paraît que par jenesaisquel mécanisme étrange, les liquides avalées religieusement dans  journées consécutives à des nuits de pleine lune, nettoient tout, réparent tout et livrent au réveil un corps sain et svelte : ) ) 

 

Et vous, comment faites-vous pour garder votre ligne d'enfer ? 

 

29/04/2012

work in progress

 

depuis le temps, mes visiteurs doivent en avoir marre de tomber sur la même image, sur la même chanson, au fait, je n'appartiens à aucune des catégories recensées par G.Brassens, je suis tout simplement un cas désespéré; et dire que je me croyais capable d'une fidélité bloguesque à toute épreuve...mon pantalon saumon avec sa ceinture dorée frôlerait-il le bling-bling ? et à quoi le marier ? le haut blanc ou le gris perle ? et si je mettais cette robe évanescente dont le bas balance au rythme de mes pas ? j'aurais l'impression de porter du bonheur, tout aussi léger, tout aussi fugitif

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Qu'écrire donc ? répondre au tag de Lancelot ? après, faut que j'entame d'abord un peu de sérénité, recenser une fois de plus les stats ? fastoche, c'est toujours le bachert qui l'emporte, talonné par le perce-neige, même si l'air embaume le lilas, j'ai cru même sentir les acacias, j'ai jamais vu des châtaigniers en fleurs en ce moment de l'année, tout fout le camp, même la vieille sagesse populaire, j'aurais pas dû enfiler le petit pull noir hier, il est trop impregné de souvenirs et du sel de la Bretagne, faut éviter de secouer la boule de neige sinon c'est rudement difficile l'attente, et cette nostalgie qui me chatouille le coeur, allez, je vais écrire ce fichu rapport, ça me changera les idées, et puis vérifier les devoirs des stagiaires, merde, y en a qui ont encore posté sous docx, pire que les potaches, vivement que ce stage finisse, je m'ennuie de soigner ma forme et de retourner à une frugalité salvatrice, une fashion thérapie serait aussi de mise

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vite, la télécommande, quel faux-cul ce nouveau premier-ministre, il surfe sur l'essentiel, c'est ecoeurant ce brouhaha qui entoure la chute du gouvernement, tu parles des réformes et d'austérité, je ne voudrais pas croiser DSK, "on est lâche, hein ? et même pleinement déguelasse" (F.Dard), il était délicieux ce tiramisu, non, je ne vais pas culpabiliser, on dirait qu'ils y ont  glissé des bulles de félicité, t'as vu, j'ai pas grignoté la tuile, dis donc, 31 degrés demain, j'ai hâte de sentir le vent du large, je mets du vernis rouge ou bien mauve ? est-ce qu'elle va aimer le cadeau, j'adore notre complicité fructueuse, dommage que je n'y puisse rien contre ses fêlures d'âme, mais je me délecte de sa façon d'envisager des choses de la vie,  je vais changer de musique, celle-ci me fiche le blues

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mon PC rame, la vie sait parfaitement pointer ses agréments, un théâtre à ciel ouvert quoi, j'espère que la nuit ne va pas encore me faire son coup de pleine lune

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play ? 




 

20:30 Publié dans humeurs | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : feist

08/03/2012

la piel que habito ?

Et vous, mes chères ? 

emmerdant's

emmerdeus's

ou bien emmerderesses  ? 


Parce qu'il paraît qu'aujourd'hui on a le droit. D'offrir et de recevoir. De demander. D'exiger. De refuser. 

De partir. De rester. De crier. De guérir.De prendre l'air. De renaître ailleurs. De réaliser. De produire. D'imaginer. De choisir. De renoncer. D'aimer. D'être aimée. 

Et demain ? Pareil : ) 


04/03/2012

moments of being

Un jour, j'avais 20 ans, j'ai perdu toutes mes photos lors d'un déménagement. Si j'ai pu récupérer par la suite des photos de l'enfance dans ma famille, celles de ma vie estudiantine se sont à jamais égarées. Du moins, c'est ce que je pensais jusqu'il y a quelques semaines. J'ai souffert oui, à l'époque, car un grand pan de ma vie, de ma jeunesse insouciante et rêveuse avait soudainement pris la griseur d'un ciel d'éclipse en me plongeant dans une apnée temporelle d'un quart de siècle. 

Et puis, récemment, une copine d'avant, une copine du fond de l'âme, comme j'aime les nommer avec un terme emprunté à F.Dard, m'a fait signe. Sur ce FB tellement décrié par ceux qui pensent que ce n'est que la vitrine d'un vide et d'une solitude. Pour moi, c'est, en ce moment, la réunion de classe et le pot d'amitié. 

Car, grâce à ces échanges, j'ai récupéré non seulement des photos, mais aussi, et surtout, des bouts de moi qui étaient ensevelis dans le dédale de la mémoire. Je me suis rendu compte que, pendant tout ce temps où l'on s'était perdues de vue, j'étais néanmoins présente dans leurs conversations, dans leurs pensées. J'avais continué d'exister, oui, discrètement, bien que je fusse, moi-même, égoïstement, trop tire-bouchonnée autour de ma vie récente. 

Peu à peu, au gré de nos échanges, elles m'ont rendu, avec mon surnom d'autrefois, "Dani",  cette mémoire confisquée, ont fait exploser la carapace d'oubli tout en me délivrant à quelques surnois prédateurs de la joie de vivre qui rôdent parfois autour. 

Tels des éboulis emportés par une tempête subite, des souvenirs s'accumulaient, fusaient, en me mettant au diapason de leur humeur, en me ramenant vers cette époque où je n'étais guère radine de sourires, de confiance, où la colère et l'aigreur m'étaient quasiment inconnues.

"Tu te souviens ? Il faisait -22 degrés et tu es arrivée au foyer la tête nue ? " , "tu te souviens le pot de crème de marrons qu'on s'est partagé avec un seul cuiller ? " (il aurait fallu vivre au temps du communisme et de la disette  pour comprendre le soupir d'aise de L. lorsqu'il a lâché, les yeux clos "hmm, orgasme " ), " tu te souviens, de temps en temps tu m'offrais une manucure, et puis on allait flâner au Cismigiu, avant de rejoindre la chorale", " " je me souviens ta mousseuse chevelure blond cendré et tes yeux bleu glacier, tu ressemblais à B.Fossey, et puis le sourire et une certaine innocence, un je ne sais quoi dans le regard", " je me rappelle ta générosité légendaire, -celle du Verseau, grand humaniste !- qui m'époustoufflait du temps de nos études...", " tu te souviens, on a volé des roses, tu m'as prêté une robe..."

 Je ne me souvenais pas grand-chose, j'avoue. Ma copine M. possède, manifestement, une mémoire en granit-alors que la mienne est plutôt défaillante- et elle a plus d'une corde à son talent de conteuse. Mais je me souvenais, en revanche,  des yeux noisette à reflets mordorés , des yeux verts ou des yeux de jais, des chevelures flamboyantes, des démarches fières et allègres ou bien d'une présence éthérée, délicate, comme venue d'un autre siècle. 

Des parcelles de sensations, des éclats de mots, des frôlements, des échos cachés en nous comme une feuille séchée dans les pages d'un dictionnaire, feu de broutilles que le vent inextricable de l'amitié vient de ranimer. Je leur dois le goût de la flânerie, du rêve insensé, de l'enthousiasme, de la lecture, un petit faible pour le latin et une adoration sans faille pour l'univers féminin. Folie y comprise ! 

Mais je leur dois aussi de garder cette générosité dont elles m'affublent, et, de temps en temps, un coup de fou rire. Car des copines de cette trempe, ma foi, il faut être à la hauteur ! 



14/02/2012

romantique un jour, romantique toujours

 

Parfois, la maisonduboutdumonde n'était éclairée que par les lueurs du feu qui crépitait dans la cheminée et par quelques bougies. Alors, avant d'aller au lit, il soufflait dessus et je trouvais cela très romantique. Comme romantique me semble de rouler des centaines de kilomètres, la musique en sourdine et un océan frémissant au bout du chemin. D'entendre le vent hurler dans la nuit, alors que des bras d'amour te caressent et te protègent, histoire de balayer la peur. De le regarder touiller des crêpes ou préparer un gâteau aux framboises. De se balader le soir sous un clair de lune touchant l'imagination et favorisant le rêve. D'arpenter la lande enlacés dans une pulsation commune.

Qu'il te tienne la main durant un film.

Qu'il sorte le beurre pour tes tartines et le lait pour ton café.

Qu'il te regarde au fond de l'âme et qu'il te dise.

Que l'on vieillisse ensemble et, par une énorme faveur du destin, que l'on parte ensemble.

Le romantisme, l'intimité se bâtissent de l'intérieur. Avec ardeur, avec curiosité, avec enthousiasme, on cultive au jour le jour, comme dans une officine d'alchimiste,  le merveilleux. Et l'amour. Pour un homme, pour une femme. Comme lui :

'' Je n’ai rien de particulier. Je suis un homme ordinaire avec des pensées ordinaires et une vie ordinaire. Aucun monument ne m’est dédié et mon nom sera vite oublié. Mais d’un certain coté, j’ai aussi bien réussi que n’importe qui ''
'' J’ai aimé un être de tout mon cœur et de toute mon âme et pour moi, c’est plus que suffisant. ''  (N'oublie jamais/ The Notebook)

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28/01/2012

january comes to me

Pour vous, Lancelot, Latil, Hélène et autres Verseaux égarés par ici, avec un peu de retard, un peu en avance, happy B-day !

"Jour de janvier, ouvre un peu plus grands les yeux,
fais durer ton regard encore un peu
et que le rose colore tes joues
ainsi qu’à l’amoureuse.

Ouvre ta porte un peu plus grande, jour,
afin que nous puissions au moins rêver que nous passons.

Jour, prends pitié."

Philippe Jaccottet,

"Ce peu de bruit". (Extrait)

 

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31/12/2011

autant que possible...et plus si infinité

 

Amis lecteurs,

juste un court passage par ici, histoire de vous souhaiter une nouvelle année où  tous les rêves  que vous chérissez éclosent et vous éblouissent. Je ne suis pas douée pour les voeux, alors je vous offre ce texte d'une de mes écrivaines préférées, je vous embrasse et vous donne rendez-vous l'année prochaine ici ou ailleurs.

Quant à moi, je ne forme pas de résolutions, je ne fais pas de promesses. J'attends que la vie tienne les siennes ; ) Car, comme dirait ce sacré Léo, "j'ai devant moi des tas de projets de bonheur ".

"Ce qui nous fait désespérer, c'est que nous voulons trouver un sens universel à la vie tout entière et que nous finissons par dire qu'elle est absurde, illogique, vide de sens. Il n'existe pas de sens universel, cosmique, pour le tout, il n'y a que le sens que nous donnons chacun à notre vie, un sens individuel, une histoire individuelle, comme un roman personnel, un livre pour chaque être humain. On se trompe en cherchant l'unité absolue. Ce qui me semble juste, c'est de donner autant de sens que possible à sa propre vie. Par exemple, je ne me suis pas engagée dans aucun des mouvements politiques, que je trouve pleins de fanatisme et d'injustice, mais en face de tout être humain je me conduis de manière humaine et démocratique.

Je donne à chaque être humain son dû. Je néglige classe sociale et richesse. C'est à l'esprit, aux qualités humaines que je suis sensible, et aux besoins, pour autant que je puisse les satisfaire. Si nous faisions tous ensemble ce que je fais de mon côté, il n'y aurait ni guerre, ni pauvreté. Je me suis considérée personnellement responsable de tout être humain qui est venu à moi. "




 

 

 

 

18/12/2011

"cette sensualité mélangée de douceur..."

Je ne l'ai appris que ce matin en cliquant sur un lien du Blogit. 

Miss Perfumado, la Reine Mornas est partie, dans son petit pays , "poor country full of love". 

Malade, mais indisciplinée, elle n'aurait pas voulu renoncer à la cigarette, aux graisses, au chocolat.

"Je n'ai pas de force, pas d'énergie". Humaine, authentique dans cet aveu, comme dans ses apparitions sur scène ou dans ses interviews. 

Elle imaginait que " e doce morrer no mar" et son désir a été exaucé...

Je l'écoutais en boucle il y a 5-6 ans. Je sais que tout le monde va en parler, moi-même je vais l'écouter encore pendant 2-3 jours. Ensuite je mettrai sûrement d'autres musiques pour accompagner mes activités. 

Mais elle restera  pour moi la légatrice de certaines prières païennes, de certaines  injonctions qui débanalisent tout :

" bésame, bésame mucho/ Como si fuera esta noche/ La ultima vez" 

" dixa'm more ta sonha/ Na sombra di oju maguadu" 

" Nha cretcheu levanta pàm bem/Levantà pa'm bem beja-bo/Pàm caricia-bo en bâ face"

 Celle grâce à laquelle des milliers de gens ont appris à lire et à écrire. Exploit qu'aucun ministre de l'éducation ne saurait réussir. Parce qu'elle était foncièrement solidaire avec les gens démunis. 

Avec elle, avec ses musiques, on se sentait comme dans une arche de Noë où l'on aurait embarqué tous les sentiments...Et si l'on fermait les yeux, le temps d'un concert, le temps d'une chanson, on pouvait même franchir, nu-pieds, la porte du paradis sur terre. 

"Et ainsi
Avec ma paix retrouvée
Je pourrais suivre la route de mon étoile
Qui s'est mise à briller"

 

 

 

 

 

06/11/2011

je porte des sacs de marque et des couleurs d'automne

D'accord, vous allez une fois de plus vous demander "quel rapport", c'est pourtant facile, ayant récemment visionné "Sans rancune" (à voir par ceux qui aiment jouir de la plume),je m'entraîne au zeugma, je m'y passionne même, alors j'ai tout mélangé dans ce titre, du vécu des derniers jours, l'automne, plus la recherche d'un internaute taraudé par la question "sacs portés dans Eat, pray, love ? ", cela m'a fait sourire, car je pensais justement hier, en salle des profs, aux sacs des mes collègues, il y avait des siglés  D&C, des MJ, des NW et des LV, si si. En snob pur jus, j'ai maté de près, histoire de discerner si c'était des vrais, eh bien, oui, toutes ces jolies femmes que la crise et le FMI n'ont pas agenouillées trimballent ,mine de rien, des sacs ultra chic même si la plupart ne gagnent pas plus de 300 euros. DSK et compagnie n'ont pas réussi à avoir leur peau, elles continuent de jouer de l'accessoire fun et féminin. Qu'il soit offert, acheté d'occasion, peu importe, je sens que c'est efficace pour le plaisir et le charme qui va avec ! Fébrile, j'ai fouillé dans mon placard, ouf, j'en ai aussi quelques-uns, je vais les assortir à cette saison qui de l'automne n'en a que le nom et, à la différence de l'ex-directeur (je n'ai pas encore fini avec icelui ), je vais enjouer mon moral et il ne va guère sonner faux comme ses propos.  

Ceci dit, je m'en vais faire mes devoirs et me préparer pour la nouvelle session de formation. Online, cette fois. La semaine prochaine, je serai clouée devant le PC ( 8 heures par jour) alors, de grâce, stay connected, si jamais je ne sais répondre aux questions du formateur, je vais faire usage de  l'option "appeler un ami" !

quelques photos pour toi, Tifenn, tu m'as offert le chemin de Cadoudal et un crépuscule irisé, je t'offre ma forêt qui s'effeuille sous nos pas et dans nos cheveux (attention, il y a un intrus, mais juste parce que c'est tout aussi apaisant et doux ! )

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16/10/2011

mes sources

Récemment, Tifenn parlait de ses sources, de ce qui la nourrit et la comble.

http://laviequonaime.blogspot.com/2011/10/les-sources.html

Elle s'interrogeait sur les nôtres, j'ai voulu répondre, mais j'allais dire comme tout le monde. Et c'est vrai. Elle, lui, les miens, les livres, la musique, la Breizh. L'amour, l'amitié, car je ne connais qu'une seule alchimie qui donne de l'éclat à une vie : les sentiments. Même si parfois ils sont nos couronnes d'épines...

Et aujourd'hui, en corrigeant des copies, j'ai réalisé que eux aussi. Les élèves. Quelque dissipés, quelque chiants qu'ils soient parfois, ils me ressourcent, surtout lorsqu'ils dévoilent une sensibilité guère meurtrie par ce monde de plus en plus endurci et violent. Un monde qui a plutôt tendance à cataloguer comme  mièvres des sentiments purs qui s'expriment sans fioritures, un peu comme les manières ancestrales, immuables, dont le but est très clair. 

Ils devaient donc  écrire une lettre. Raconter. Imaginer une rencontre de jour J. Une de celles qui s'imposent comme une évidence et qui met fin aux quêtes, aux errances.

Parfois des pépites. Des lucioles brillaient entre mes mains. Ils effeuillaient des rêves...

 

"Chère amie,

ma première pensée est de t'écrire et de te raconter le jour J., mon extraordinaire rencontre avec ce jeune immigré polonais...

C'était en février 1942 et j'avais à cette époque-là vingt-quatre-ans et j'étais belle comme une fleur, mais à quoi bon tout ça...

Je me promenais avec Simon et, à quelques mètres de nous, un Monsieur, avec son béret et son écharpe nous regardait en silence...j'ai eu le sentiment de l'avoir déjà vu, de l'avoir attendu, de l'avoir aidé. C'était un homme de 1,78 mètres de haut et son allure générale de monsieur Tout le Monde dévoyé, me donnait une forte impression de protection, de douceur, de courage, de sincérité.

Ce fut comme un miracle...

Ce fut comme un bonheur...

Comme un rayon de soleil qui éclairait et qui transmettait de la force et de la félicité...je sentais que la gaieté me revenait, que la solitude allait disparaître d'un seul coup...

C'était bien vrai. A partir de ce moment-là, nous sommes devenus tous les deux  un tout capable de tout.

 Peu importe à quel dieu l'on croit : c'est la foi, ce n'est pas le Dieu qui fait les miracles.

Et de ma part, reçois tout ce qu'il y a de tendre, d'affectueux et sache que je suis et serai toujours ton amie dévouée. "

"Mais qui a eu cette idée folle d'inventer un jour l'école ? " 

Merci  Charlemagne !

P.S. - Vous voyez, Mister Ruquier, 85% des Roumains n'apprennent pas le français pour faire la manche. Mais pour nous émerveiller avec leurs petits mots générateurs d'ondes qui percutent notre esprit, qui sauront s'insinuer dans notre mémoire poétique. Alors que les vôtres, éthérés, inconsistants, ne font frissonner que de dégoût, ne sont que de petits cailloux glissés dans les sandales, gênants, sûrement, mais qui n'empêchent pas d'avancer pour autant.

J'ose ? Oui, j'ose relayer la question de Tifenn :

" et les vôtres ? "

 

tifenn,richard morgière,"un petit homme de dos",lectures