05.11.2009
coffee&tea
Je laisse la fenêtre entrouverte, il va peut-être pleuvoir ce soir. Peu importe si les gouttes vont parvenir jusqu'à mon lit, je m'en fous aussi des quelques livres éparpillés sur le plancher, par contre je vais baisser le volume de la musique pour mieux profiter de ces instants gorgés d'attente.
Je l'entendrai avant de le voir, le vent léger m'amènera son parfum exquis.
On se désaltère l'un l'autre, on s'écoule l'un dans l'autre, on s'épouse, on se savoure en douceur, moi le thé, lui le café noir, moi blanche, fraîche, raffinée, délicatement épicée, lui , élégant, délicieux, envoûtant et onctueux.
Moi, pulpeuse et sensuelle, lui, mince et musclé.
Il arrive toujours avec le crépuscule, sa peau brille de l'impatience de nos étreintes, ses yeux fendent l'obscurité , alors il est impossible de le confondre avec la nuit.
envoyée par MidnightVera
22:27 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : pink martini, vidéo, cat power
02.11.2009
(wo)men's land 2
Je suis indignée (euphémisme) ! Je vous ai déjà relaté que "mon" salon de beauté avait été dernièrement envahi par les hommes en nous obligeant ainsi d'intellectualiser nos discours et de surveiller notre attitude. Les tabous fondent et on est privées des commérages du bourg. Triste ! Comme si cela ne suffisait pas, la semaine passée ils ont sévi au cours d'aérobic. J'ai cru à une blague, mais pas du tout, ils reviennent chaque jour avec une persévérance désespérante.
Non que je sois gênée de dodeliner mes fesses étroites serrées dans le jogging, ou de montrer mes gambettes ou mon ventre qui, à la faveur du régime, du sport, de la passion, de la crise- dans le désordre- est devenu plat comme une lame de couteau, non. Mais j'ai parfois du mal à contenir mes éclats de rire lorsqu'ils se dressent sur la pointe des pieds tels des cygognes titubants qui aspirent l'air dans leur poitrine comme des chevaux en galop. Ils viennent nous humilier avec leurs pompes impécables, mater les nichons qui se dessinent sous les t-shirts mouillés et se muscler avec de petites haltères pour les filles !

Si cela continue, je vais m'exiler dans la salle d'en bas, celle de fitness, que j'avais désertée il y a quelques mois parce que, immanquablement, je côtoyais mes élèves. Même si là encore mon instinct de joueuse prend le dessus lorsque j'aperçois certains qui, les dents serrés, le regard dur, se déplacent avec un sérieux hilarant, je suis vite envoûtée et réduite à une pure admiration pour la peau bronzée, lisse et brillante de sueur, pour les muscles durs des futurs champions qui, avec des mouvements fluides, sans ostentation, portent l'effort physique jusqu'à un point de rupture, on a l'impression qu'ils vont rendre l'âme, qu'ils vont éclater, leurs nerfs tendus au maximum comme des Atlas modernes qui ploient sous le poids du monde.
Ils me dissuadent de minauder et m'inspirent lorsque, ratatinée, j'ai envie de m'écrouler au bout d'une demi-heure, mais je m'efforce de garder le sourire, et, le dos dignement arqué, les cheveux remontés, à peine retenus par un clip, je lutte contre mon corps rebelle tout en les observant d'un regard admiratif, mais jamais pesant ( je l'espère, au moins).
Ensuite, je cours me libérer de cette odeur qui a une indélébile empreinte mâle au salon pour redonner une forme humaine à ma chevelure. Ils sont encore là ! Ils assistent à toutes les étapes du processus ( lavage, séchage, mode gheisha, et , enfin, la coiffure volontairement négligeante) . Pour couronner le tout, je fais redécorer mes ongles avec de petites fleurs brillantes. J'espère qu'ils ne vont pas oser !

22:17 Publié dans humeurs | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : futilités
25.10.2009
" dessine-moi un monde "
Envie de partager ce clip vers lequel m'a entraînée ce matin un e-mail. Ca tombe bien, c'est Dimanche : )
Description :
" A strange man builds a world using holographic tools for the woman he loves."
envoyée par bbranit
Par une alchimie prévisible cette fois, j'ai pensé au poème de Nichita Stănescu, poète roumain et universel :
On prend une pierre
on la taille avec un ciseau de sang,
on la polit avec l'oeil de Homère
on la racle avec des rayons
jusqu'à ce que le cube devienne parfait.
On embrasse ensuite plusieurs fois le cube
avec sa bouche, avec la bouche des autres
et surtout avec la bouche de l'infante.
Après quoi on prend un marteau
avec lequel on écrase vite un angle du cube.
Tous, mais absolument tous diront d'une même voix :
- Quel cube parfait aurait été ce cube
s'il n'avait pas eu ce coin brisé !
(La leçon sur le cube)
Seize your day (sourtout qu'on vient de gagner une heure ) !
12:06 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : un lent tango de rues avait commencé à jouer quelque part
24.10.2009
café câlin
Je regarde peu la télé. Mais si rarement que je l'allume je tombe sur une pub pour le café. "Jacobs cu Alintaroma". Café à arôme de câlins, dans une traduction libre. J'en bois pas souvent, je préfère le thé. Mais, lorsque je me réveillerai à tes côtés, je ne vérifierai plus mon portable pour voir si j'ai un message de toi. Je n'ouvrirai plus l'ordinateur pour t'envoyer mes pensées et lire les tiennes. Je resterai au lit pour te regarder dormir et pour sentir tes mains chercher mon corps reposé et détendu après la longue nuit.
Je te regarderai préparer le petit déjeuner. Tu me serviras un café câlin, tu me feras goûter les fruits juteux que j'attraperai sur tes doigts. On se transpercera, on se dégustera des yeux.
Tu laisseras la cabine de la douche ouverte, les parfums qui en parviendront donneront une nouvelle dimension à cette échappée sensitive et je prendrai le temps de t'imaginer nu et soyeux, enjoué, en train de masser les parties les plus secrètes de ton corps, tu en sortiras ruisselant et m'offriras la vision de ton torse merveilleusement poli, je te regarderai essuyer les dernières gouttes d'eau ici...et là..., sur tes cheveux, sur tes fesses rebondies et taillées par tes heures de sport, sur tes cuisses...tout en rêvassant...Tu poseras ton regard en ma direction et tu sentiras l'appel des sens, tu me verras te détailler sans ostentation, mais avec fièvre, comme un enfant qui découvre un trésor, tu t'approcheras, en souriant, pour apaiser ce feu de désir qui montera en moi...
Tes mains me parcoureront délicatement quelques instants...comme une plume virevoltant au-dessus d'un lac surchauffé, puis, tu te pencheras vers moi pour déposer sur mon ventre avide de tes caresses le premier des baisers d'artifice...
envoyée par jeffwatson
09:58 Publié dans parfums | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : all this music
20.10.2009
Attraversiamo!
" Tu dois pouvoir mieux faire!" m'a écrit Alex Cessif dans un commentaire sur la note précédente. J'ai souri. Que de fois n'ai-je répété cette phrase à mes élèves! De plus, elle m'a ramenée, comme il m'arrive souvent, vers mes lectures; vers ce mot que les Italiens emploient souvent lorsqu'ils se baladent et qu'ils décident que c'est le moment de changer de trottoir. Drôle d'inconstance! Si ce n'est qu'un clin d'oeil enjoué à la routine. Serais-je Italienne, je valserai peut-être aussi avec la vie d'un trottoir à l'autre...
Mais que pourrait-il advenir à nos héros ? J'ai fouillé dans ma mémoire "littéraire" pour en ressortir plusieurs scénarios.
L'un d'eux, offert gracieusement par Camille Laurens, correspondrait parfaitement à la fleur bleue que je suis:
" Quelquefois, pourtant, je rêve au moyen de nous rejoindre. C'est en dormant, souvent- Morphée me berce et j'entrevois comment prolonger cet amoureux sommeil dont le dieu est un homme. Alors je vous vois- vous êtes au bord de l'oubli, mais je vous vois, vous tendez les bras vers moi, et moi je viens, j'avance vers vous qui m'êtes destiné- mon destinataire. C'est vous, c'est bien vous sur la rive opposée, la distance entre nous se réduit, bientôt s'annule, dansons, veux-tu, je te rejoins et tu m'étreins- ah serez-moi, emportez-moi- qu'on est bien, oui, qu'on est bien, dans ces bras-là!"
Soupirs. Yeux embués. Musique astrale.
Ou bien, cette version imaginée par ma Diva préférée, où le héros est torturé par moultes questions:
"Je la salue? Je passe mon chemin comme si de rien n'était ? Je patiente quelques secondes, serait-ce trop tôt ? Serais-je trop audacieux ? Et si elle ne me (re)connaît pas, si elle va se moquer de moi ? Bon, j'y vais maintenant et advienne que pourra, je sais que c'est lafemmedemavie. "
Mais il se peut aussi que ce soit elle qui traverse. Seulement voilà. Elle est superstitieuse, elle a l'âme de Mathilde d'"Un long dimanche de fiançailles" dévouée à un espoir insensé. Elle aime faire des paris et conjurer le sort.
" Si la première voiture qui passe est rouge, je traverse."
" Si le feu passe au vert jusqu'à ce que je compte jusqu'à dix, je traverse."
En procédant ainsi, elle prend néanmoins, comme Josephine dans "Les yeux jaunes des crocodiles", un grand risque.
" Un homme en duffle-coat, les cheveux mi-longs, châtains, les mains dans les poches, traversait sans se presser. [...] Il s'était retourné et faisait de grands gestes en montrant le feu qui allait passer au vert. [...] Une jeune fille mince, ravissante, s'élança vers lui et le rattrapa. Elle enfonça une main dans le duffle-coat et lui fit une caresse sur la joue de l'autre main. L'homme l'attira vers lui et l'embrassa.
Josephine baissa le nez et soupira. "
Franchement, j'avoue que c'est le scénario qui me tient le moins au coeur. Je lui préférerais de loin une rencontre "extebarienne" où l'héroïne croise un type bizarre à la barbe et à la tunique qui, mine de rien, lui file une boussole, signe qu'elle avait perdu le nord et qu'elle "ferait peut-être bien de bifurquer au lieu de suivre le sentier tracé" à son intention par les pas de cet homme à qui elle était restée enchaînée.
"Je le laisse s'en aller, je le laisse s'en aller..."
L'héroïne se dégarnit des souvenirs de lui comme une bougainvillée dont les pétales sont emportés par le vent d'autan, le vent des fous...
Dans une perspective toujours extebarrienne, ils pourraient se décider, tous les deux, au même instant, de traverser, afin de se rencontrer quelque part, entre Vénus et Mars, au milieu d'une ruelle et de vivre d'amour et de Prozac au bord de l'autoroute, jusqu'à ce que les démons du passé les séparent.
J'ai laissé pour la fin un scénario nimbé de magie, un drame sans mélo offert par Muriel Burberry. Après 53 d'existence en retrait, madame Michel semble avoir enfin trouvé une sorte de Kalos Kai agothos, cet équlibre parfait entre le bien et la beauté, amené par l'homme aux camélias, monsieur Kakuro, ami providentiel qui vient combler les différences qui les séparent et réunir les mondes respectifs. Féconder le temps de gouttes d'éternité tangibles et magiques en même temps.
Mais, au détour d'une ruelle, elle se fait renverser par une banale camionette qui la ramène à la réalité. Peu importe. L'amour l'aura rachetée.
Même si elle n'a pas la chance de l'architecte de l'un de mes chick-flicks préférés, interprété par Keanu Reeves, oui, elle n'a pas la chance d'être prévenue par un petit mot qui lui épargne une mort absurde et diffère sa traversée. " Alex wisely decides to remain on the sidewalk, splitting himself off from the original timeline. "
Comme j'aurais aimé que Meg Ryan soit aussi avertie par son ange dans sa maison du bord du lac Tahoe !
Essouflée par la diversité du champ des possibles, je me dégrise subitement.
Je ne suis pas un ange. Quoique.
Je n'ai pas le pouvoir de remonter le temps. Ni celui de rembobiner la vie.
Alors, Alex Cessif, tu as raison. On ne le répètera jamais assez : "Fais gaffe en traversant! " Même une ruelle. Surtout une ruelle.
A défaut d'être caressé par l'aile d'un ange, on peut être atteint par celle d'une camionette criminelle (pré)destinée à freiner notre élan et écourter une belle histoire "de chairs et de corps emmelés dans une transe inexplicable", un amour inaltérable et souple comme un superbe velours.
Voilà. J'ai essayé de faire d'une pierre deux coups. Cette note est, à la fois, un cadeau de bienvenue pour Alex Cessif et une façon de relayer le tag de Chriss sur mes auteur(e)s féminin(e) s.
envoyée par shellyblue 75
22:23 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : c. laurens, l:extebarria, a.ferney, k.pancol, m.burbery, e.gilbert, le tag de chriss, amour, vidéo
17.10.2009
d'un pas leste et sans regret
Il se réveilla en douceur. Il ouvrit la fenêtre vers le petit jardin pour recevoir les premiers frissons du matin sur sa peau. Il prépara soigneusement ses tartines et les trempa dans son café léger. Il regardait la télé pendant en râlant contre le président. Il ouvrit l'ordinateur et lut ses mails. Il se cogna le pied en ramassant les miettes et il pesta contre sa malchance. Il entra dans la salle de bains pour une longue demi-heure. Il en ressortira en sentant la vanille et la fraîcheur.
Sa voiture est garée devant la porte.
Je suis à quelques mètres de lui.
Je suis à quelques secondes de lui.
Lui sur un trottoir, moi sur l'autre.
Entre nous, une ruelle à sens unique.
Radiohead - House of Cards
08:33 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : radiohead, pink martini, instants jumeaux
12.10.2009
think up !

Une journée de grève des budgetaires est passée inaperçue. On ne peut pas, comme les cheminots, paralyser les routes. Les enseignants ne produisent que de la matière grise. Une denrée de peu de prix!
envoyée par gabihey
22:14 Publié dans humeurs | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : blog, saisons intérieures
03.10.2009
Jeanne chez moi
La semaine passée, ma boîte aux "trésors" envoyée par Jeanne m'est parvenue. Même pas la patience d'arriver jusqu'à chez moi. Assise à la terrasse d'un café, je les ai pesés, reniflés, caressés, en essayant d'en faire le lien avec tel ou tel de ses billets.
De retour chez moi, le coeur sautillant, vif, comme une giboulée de grêle, j'ai essayé de leur trouver une place, histoire de pouvoir m'en réjouir encore et encore et de ne pas oublier que, quoi qu'il arrive, H&F m'aura permis de rencontrer des gens dont l'amitié gracieuse, invisible est prodigue en saveurs, en "vertus purificatrices".
Je t'embrasse fort, ma Jeanne , et je t'offre ces photos prises avec mon vieux portable car j'oublie toujours d'acheter des piles : (
le grigri que va trimbaler l'un de mes sacs :

les chocolats dont mes amis vont se régaler aujourd'hui même :

une petite touche de bleu qui se marie à merveille avec le canapé et les fauteuils :

la fameuse coloquinte dotée d'esprit de contradiction !

et, en bonus, quelques-unes de mes cloches : )

J'oubliais, j'en profite pour rassurer Charles, je ne suis pas unijambiste ! (je sais, y a toujours trop de câbles qui traînent chez moi )

P.S.- Toujours pour toi, ma Jeanne, un fragment de "notre" livre (chuuut!) :
" Elle aimait tellement être contre lui. Elle aurait voulu que ce moment ne s'arrête jamais. Ecouter des vieilles chansons, danser, sentir son corps contre le sien, encore et toujours. Elle était redevenue une femme. Il y avait un espace où danser à nouveau. Lentement, inexorablement, elle rentrait chez elle, dans un endroit où elle n'était jamais allée.
Il faisait chaud. L'humidité montait et on entendait des bruits de tonnerre au loin vers le sud-ouest. Les phalènes se pressaient contre le grillage, fascinés par les bougies, attirés par le feu.
Il ne faisait plus qu'un avec elle maintenant. Et elle avec lui. Elle écarta sa joue de la sienne, et le regarda de ses yeux noirs, il l'embrassa et elle lui rendit son baiser, un long baiser tendre, une longue rivière. "
Et Elle :
envoyée par kaarekjohnsen
Ajout de dernière minute, à la demande de Charles auquel je ne peux rien refuser, la chaussete orpheline qui coiffe à présent mon doudou :

14:52 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : blog, amitié pas si virtuelle que ça, leonard cohen, anjani thomas, vidéo
28.09.2009
la médaille de Saint Benoît
Lorsque j'ai acheté cette médaille l'année passée, dans le monastère de Chevetogne en Belgique pour l'offrir en cadeau, je ne me doutais pas de ce que, étrangement, elle allait me revenir cet été, accompagnée du livre de K.Pancol, "Les yeux jaunes des crocodiles". Non, je ne vous en parlerai pas. Juste vous dirai que l'un des personnages, Joséphine, écrit un livre dont l'héroïne rêve de mettre en pratique la "règle de Saint Benoît" selon laquelle il y aurait plusieurs degrés d'abnégation, plusieurs échelons de l'humilité.
Depuis que je l'ai reçue, la médaille brille à mon cou, sauf quand je prends la douche. J'ai trop peur qu'elle ne rouille, bien qu'elle soit en argent. Et je me demande si moi-même je suis en train de marcher vers cette humilité... Aurais-je commencé de le faire il y a quelques ans, en Nouvelle Zélande, cette année où j'ai mis ma vie entre parenthèses, j'ai déserté mon podium de prof pour apprendre à me servir de mes doigts ? Je crois, j'espère au moins avoir appris à réduire en moi l'orgueuil, à force de travailler à côté de ces chers collègues qui gardaient naturellement leur sourire, alors que moi, princesse des petits pois aux ongles vernies de rouge, je pleurais sur mes plantes. Obligée de porter un masque pendant huit heures, je me sentais comme amputée de mes mots. Quoi qu'il en soit, mes yeux abîmés, mes mains brûlées, m'empêcheront à jamais de mépriser le travail "physique".
Amélie de pacotille "prédestinée aux larmes", je me croyais punie par une force supérieure. Et il y avait des moments où je détestais Cioran qui affirmait péremptoirement qu'on "peut passer du bonheur au malheur, le chemin inverse n'est jamais possible".
Je m'égare...Je vous assure néanmoins, Cioran et compagnie, ils n'auront pas ma peau. Au vent de mes pensées, je bâtis des songes sains protégés par l'amour. J'essaie de grimper une à une les marches de cet escalier, tout en me tenant bien droite. C'est rude, la frontière entre humilité et humiliation est tellement fragile...
Je ne saurais pas dire si cet état de grâce actuel, cette sérenité je les dois à mes larmes, à mes prières des nuits éveillées, à mon entêtement à courtiser l'amour jusqu'à ce qu'il m'enveloppe de son éclat ou... à Saint Benoît...
Mais je ne suis pas prête à lâcher prise.
Jeff Buckley- Grace
envoyée par pittigghiuzzu
10:26 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : religion, foi, k.pancol, lectures, on ne l'apprend pas dans les livres d'histoire
27.09.2009
lettre au Beau-Vaillant
J'avais promis à un ami de traduire les paroles de cette chanson, je profite du rhume qui me retient au lit pour le faire. C'est un groupe roumain et il est fort possible que vous n'aimiez pas, mais je devais tenir ma promesse : ) Par contre, n'hésitez pas à me faire des remarques sur la traduction, je serais contente de l'améliorer avec votre aide. Bisous.
J'ai cru qu'un beau jour ta massue frapperait à ma porte et que je pourrais enfin sortir et te prendre dans mes bras. J'aurais voulu revoir ton cheval blanc. Tu m'avais promis qu'un jour j'allais le chevaucher...Et quand j'ai cru qu'enfin le moment était venu...Tu nous as laissé errer parmi les clignotants des voitures...Tu m'avais dit qu'on devait grandir et lutter avec tous les dragons du monde...Mais plus personne n'a envie de lutter, Beau-Vaillant...Les hommes n'ont plus le temps d'être braves...certains disent que la vie est un combat, mais je rencontre rarement quelqu'un qui soit sûr d'avoir gagné ou d'avoir perdu...Tu m'avais promis de m'apprendre l'honneur, Beau-Vaillant...mais les gens n'emploient plus ce mot...même pas dans les pubs...rarement dans un film quelqu'un affirme que l'honneur c'est pour les cons...T'es parti et tu m'as laissé en proie à mes doutes...
Chaque soir, le plupart d'entre nous rentrent au même endroit, Beau-Vaillant...de petites maisons...mais je suis sûr d'avoir flâné dans ton château étant petit...Tu m'avais dit que je ne pourrais pas y demeurer longtemps car le dragon allait venir et tu devais l'affronter...et tous les gens font les même gestes...Ceux qui sont seuls rentrent chez eux, jettent les clés sur une table, ouvrent le frigo pour en sortir une bouteille, boivent quelques gorgées et regardent dans le vide...Puis, comme réveilés d'un cauchemar, ils vont dans le sallon, s'assoient sur le canapé et allument la télé...Des milliers de personnes font les mêmes gestes chaque soir, en même temps, dans leurs petites maisons, Beau-Vaillant...
On aurait pu être les seuls au monde, Beau-Vaillant...tu m'avais promis de ne jamais dormir deux nuits de suite sous le même toit...qu'on survolerait les montagnes avec nos chevaux blancs et qu'on voyagerait avec les étoiles...et dès qu'on apercevrait une petite lumière, on serait descendus pour y passer la nuit...J'avais imaginé qu'on ne pourrait pas chevaucher, mais j'espérais pouvoir voyager...Il y a de petites lumières partout Beau-Vaillant, fallait même pas chercher longtemps...Mais tu n'es plus là...Tu m'avais dit qu'on devrait faire le tour du monde et semer le BIEN autour de nous, mais tu ne m'as pas expliqué, c'est quoi le bien ? Tu sais au moins comme ils se bagarrent le gens à cause de ce "bien" ? Tu m'embêtes , Beau-Vaillant, t'es un irrésponsable...tu m'as laissé au bord du chemin...Je veux faire ce que tu faisais, vivre comme tu vivais et l'apprendre aux autres...Ce sont mes amis qui auraient dû m'aider, pas toi, Beau-Vaillant...
On aurait dû cheminer ensemble...et j'aurais dû savoir les trouver, les bien choisir, pas vrai, Beau-Vaillant ? eh bien, sache que je suis seul...et tu n'es pas là...Je suis seul, entouré par des gens en costard gris, que je rencontre chaque mercredi au centre commercial et qui ne se souviennent plus de toi...Ils se rappellent seulement la Princesse et ils se moquent de toi, de moi...
Tu aurais dû être ici, espèce de lâche...pour nous apprendre à lutter, à nous défendre...pour nous raconter l'honneur et l'amitié...pour nous parler du sacrifice...Tu aurais dû rester ici pour te défendre car je suis incapable de le faire...tu t'es barré comme un lâche, Beau-Vaillant et ne m'as rien appris...Tu aurais dû au moins me dire comment tu as fait pour n'aimer qu'ELLE...Une seule fille, toute ta vie...Me dire au moins cela, car je sais qu'elle t'as tellement aidé...Je te déteste, Beau-Vaillant, au nom de tous les ordinateurs du monde...
Je tape ton nom et il s'affiche sur des milliers de pages...Mais tu n'es nulle part...Même le dragon est disparu...Ainsi j'aurais été sûr de ton existence...T'es parti, Beau-Vaillant, en emportant le Bien et le Mal...Je te déteste, Beau-Vaillant, je te déteste...
11:21 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : amour, vidéo, vama