08.11.2009

backstage

De temps en temps j'endosse mon habit d'inspectrice pour assister au cours de tel ou tel collègue. C'est le passage obligé pour ceux qui veulent accéder à un échelon supérieur , que de se faire "évaluer" par des profs plus âgés  censés avoir un peu plus d'éxpérience.

 

C'est ce qui est arrivé la semaine passée lorsqu'une collègue d'un lycée voisin m'avait invitée de la suivre pour une journée. Je l'avais connue il y a quatre ans quand elle travaillait chez nous et j'appréciais beaucoup son intelligence et sa fraîcheur.

A un moment donné, j'ai entendue la Principal(e) lui dire : "Comme tu as maigri !" . J'ai lévé les yeux de mes paperasses et je l'ai considérée. C'était vrai. Maigre comme un clou. Elle s'est rapprochée de moi et m'a murmuré à l'oreille : "On divorce. Ca fait un an qu'il est parti sans explication. Il n'était pas prêt..."

J'ai eu du mal à me concentrer par la suite. Je me faisais sans cesse défiler le film de son histoire dont elle me racontait de temps en temps des bribes.

Il  y a quatre ans il venait chaque jour la chercher au bahut. On les appelait "les inséparables".

Il y a trois ans ils aménageaient leur appartement et passaient des concours.

Il y a deux ans ils pensaient à faire un enfant.

Et à présent ? " On divorce."

Je la regardais sur son podium de prof. Calme, à l'écoute, souriante. Les élèves ne devraient rien soupçonner de sa détresse.

Malgré qu'elle ne fût plus qu'un chagrin d'amour.

Un espoir gelé.

Une gaieté étiolée.

Un regard légèrement assombri.

Un coeur saignant de partout.

Une stalagmite de sel lacrymal.

Un ami appelle la détresse qui accompagne un amour en partance  "des dommages collatéraux".  C'est vrai, ce n'est pas une maladie. On en meurt pas. Selon le célèbre cliché on a même l'avantage de s'en sortir plus fort. Quelle connerie ! Il suffit de regarder ce petit bout de femme rompue et qui, pour l'instant, a tant de mal à donner une tournure optimiste à ces événements de sa vie. Léo, lui, il a mieux compris que 

" l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues "

J'ai offert à ma collègue un 10/10. Pour sa compétence. Mais aussi pour son courage et sa dignité.

Avant de partir, elle m'a offert un bouquet de roses. Je l'ai embrassée en lui disant : " ce con de Beigbéder, il a encore eu raison. Voilà un autre amour immortel qui a duré trois ans."

"Un autre amour immortel qui a foutu le camp" (J. Prévert )

Et on a ri toutes les deux.

 En chemin de retour, j'ai regardé le bouquet - non, je ne vous ferai pas le coup de "Cueillez dès aujourd'hui..." Quoique...- Mais j'ai pensé qu'une fois de plus la vie n'a pas tenu ses promesses. J'ai pensé à un film que je viens de voir, "Perfect Stranger". Une histoire de gens " connected online, disconnected on life". On vit parfois des années avec une personne sans la saisir, sans la connaître. On connaît que ce qu'elle veut dévoiler.

Et lorsqu'elle s'évanouit, allongée sur son lit et caressée par des traces de lune oubliées par la nuit, une femme songe à " l'autre qu'on adorait " et ses yeux se voilent parfois comme ceux d'un acteur en coulisses lorsque les lumières s'éteignent sur les rampes.

 

 Photo009.jpg

 

25.10.2009

" dessine-moi un monde "

Envie de partager ce clip vers lequel m'a entraînée ce matin un e-mail. Ca tombe bien, c'est Dimanche : )

Description :

" A strange man builds a world using holographic tools for the woman he loves."

envoyée par bbranit

 

 

Par une alchimie prévisible cette fois, j'ai pensé au poème de Nichita Stănescu, poète roumain et universel :

 

On prend une pierre
on la taille avec un ciseau de sang,
on la polit avec l'oeil de Homère
on la racle avec des rayons
jusqu'à ce que le cube devienne parfait.
On embrasse ensuite plusieurs fois le cube
avec sa bouche, avec la bouche des autres
et surtout avec la bouche de l'infante.
Après quoi on prend un marteau
avec lequel on écrase vite un angle du cube.
 

Tous, mais absolument tous diront d'une même voix :
- Quel cube parfait aurait été ce cube
s'il n'avait pas eu ce coin brisé !

(La leçon sur le cube)

Seize your day (sourtout qu'on vient de gagner une heure ) !

27.09.2009

lettre au Beau-Vaillant

 

J'avais promis à un ami de traduire les paroles de cette chanson, je profite du rhume qui me retient au lit pour le faire. C'est un groupe roumain et il est fort possible que vous n'aimiez pas, mais je devais tenir ma promesse : ) Par contre, n'hésitez pas à me faire des remarques sur la traduction, je serais contente de l'améliorer avec votre aide. Bisous.

 

J'ai cru qu'un beau jour ta massue frapperait à ma porte et que je pourrais enfin sortir et te prendre dans mes bras. J'aurais voulu revoir ton cheval blanc. Tu m'avais promis qu'un jour j'allais le chevaucher...Et quand j'ai cru qu'enfin le moment était venu...Tu nous as laissé errer parmi les clignotants des voitures...Tu m'avais dit qu'on devait grandir et lutter avec tous les dragons du monde...Mais plus personne n'a envie de lutter, Beau-Vaillant...Les hommes n'ont plus le temps d'être braves...certains disent que la vie est un combat, mais je rencontre rarement quelqu'un qui soit sûr d'avoir gagné ou d'avoir perdu...Tu m'avais promis de m'apprendre l'honneur, Beau-Vaillant...mais les gens n'emploient plus ce mot...même pas dans les pubs...rarement dans un film quelqu'un affirme que l'honneur c'est pour les cons...T'es parti et tu m'as laissé en proie à mes doutes...

  Chaque soir, le plupart d'entre nous rentrent au même endroit, Beau-Vaillant...de petites maisons...mais je suis sûr d'avoir flâné dans ton château étant petit...Tu m'avais dit que je ne pourrais pas y demeurer longtemps car le dragon allait venir et tu devais l'affronter...et tous les gens font les même gestes...Ceux qui sont seuls rentrent chez eux, jettent les clés sur une table, ouvrent le frigo pour en sortir une bouteille, boivent quelques gorgées et regardent dans le vide...Puis, comme réveilés d'un cauchemar, ils vont dans le sallon, s'assoient sur le canapé et allument la télé...Des milliers de personnes font les mêmes gestes chaque soir, en même temps, dans leurs petites maisons, Beau-Vaillant...

On aurait pu être les seuls au monde, Beau-Vaillant...tu m'avais promis de ne jamais dormir deux nuits de suite sous le même toit...qu'on survolerait les montagnes avec nos chevaux blancs et qu'on voyagerait avec les étoiles...et dès qu'on apercevrait une petite lumière, on serait descendus pour y passer la nuit...J'avais imaginé qu'on ne pourrait pas chevaucher, mais j'espérais pouvoir voyager...Il y a de petites lumières partout Beau-Vaillant, fallait même pas chercher longtemps...Mais tu n'es plus là...Tu m'avais dit qu'on devrait faire le tour du monde et semer le BIEN autour de nous, mais tu ne m'as pas expliqué, c'est quoi le bien ? Tu sais au moins comme ils se bagarrent le gens à cause de ce "bien" ? Tu m'embêtes , Beau-Vaillant, t'es un irrésponsable...tu m'as laissé au bord du chemin...Je veux faire ce que tu faisais, vivre comme tu vivais et l'apprendre aux autres...Ce sont mes amis qui auraient dû m'aider, pas toi, Beau-Vaillant...

On aurait dû cheminer ensemble...et j'aurais dû savoir les trouver, les bien choisir, pas vrai, Beau-Vaillant ? eh bien, sache que je suis seul...et tu n'es pas là...Je suis seul, entouré par des gens en costard gris, que je rencontre chaque mercredi au centre commercial et qui ne se souviennent plus de toi...Ils se rappellent seulement la Princesse et ils se moquent de toi, de moi...

 Tu aurais dû être ici, espèce de lâche...pour nous apprendre à lutter, à nous défendre...pour nous raconter l'honneur et l'amitié...pour nous parler du sacrifice...Tu aurais dû rester ici pour te défendre car je suis incapable de le faire...tu t'es barré comme un lâche, Beau-Vaillant et ne m'as rien appris...Tu aurais dû au moins me dire comment tu as fait pour n'aimer qu'ELLE...Une seule fille, toute ta vie...Me dire au moins cela, car je sais qu'elle t'as tellement aidé...Je te déteste, Beau-Vaillant, au nom de tous les ordinateurs du monde...

 Je tape ton nom et il s'affiche sur des milliers de pages...Mais tu n'es nulle part...Même le dragon est disparu...Ainsi j'aurais été sûr de ton existence...T'es parti, Beau-Vaillant, en emportant le Bien et le Mal...Je te déteste, Beau-Vaillant, je te déteste...

 

 

 

19.06.2009

" une sorte d 'église"

Comme je l'ai déjà dit chez Ma M., j'ai toujours imaginé l'entrée en amour comme si l'on entrait dans une église. Non, pas peureux, avec un sourire niais, pas avec la tête voilée, les épaules voûtées et la démarche hésitante.
Mais fier et confiant. Car l'amour est un état d'esprit. Une construction qui responsabilise, qui nous met à l'épreuve, qui force parfois nos limites.

Etre "fou amoureux" c'est comme la drogue. On devient euphorique, on se sent le meilleur, le plus fort. Mais l'effet s'évanouit si vite...

Aimer, par contre, c'est, pour moi, comme la foi. Inébranlable. Une motivation incessante pour évoluer. Dans un parfait état de quiétude, d'équilibre, de dévouement, de partage, de non-solitude.

Même pas peur dans l'église de l'amour.

 

Merci à P.o.L. de m'avoir fait découvrir Daran, l'inspirateur de ces mots, et dont elle trouve l'univers poétique beau comme celui de...

Vous devinez ?

Je voulais pour nous deux bien mieux qu'une croyance
Alors je t'ai trouvé une sorte d'église
Dont les murs ne sont pas couverts de faïence, ni de marbre
Les vitraux je les brise, les piliers sont des arbres
L'autel est un rocher tapissé de lichen
On y parle, ni pardon, ni péché
On n'y fait pas l'commerce de douleurs et de peines
On n'y adore ni Dieu ni Diable
Mais la beauté des corps et le sort qui a mis ton amour dans mes veines

Je nous veux sans frontières, sans limites et sans lois
Je veux te respirer, te vivre et vivre en toi
Et croire qu'avant nous tout ça n'existait pas

Nous deux, nous méritons bien plus haut qu'une voûte
Alors je t'ai trouvé une plaine sans routes
Et sans autre limite que les points cardinaux
Et sans traces que celles de nos chevaux qui absorbent l'espace
Au sommet d'une colline j'allume une flamme
Pour qu'on sache qu'un homme une femme
Fêterons sous la Lune la nuit de l'origine
Sacrifice au bohneur de leurs âmes, au futur de leurs fils
Ici les Dieux s'adorent sans aucun artifice

Je nous veux sans frontières, sans limites et sans lois
Je veux te respirer, te vivre et vivre en toi
Et croire qu'avant nous tout ça n'existait pas


 

 

 

17.06.2009

pour le meilleur. et pour le pire?

Je mets toujours un temps fou à ranger mes tiroirs. Non, je ne suis pas maniaque. Au contraire ;) Mais, dès que j'en ouvre un, surtout celui d'en bas, je replonge dans la nostalgie. Des cartes de voeux, des faire-part, des poèmes griffonnés sur des couvertures de cahiers d'écolier, des lettres d'amour plus ou moins naïves, plus ou moins enflammées, selon l'âge et la sensibilité de l'expéditeur. J'en relis plusieurs à chaque fois, je souris et je m'étonne encore d'avoir, un jour, éveillé une telle passion, aussi passagère fût-elle. J'ai aussi une petite boîte remplie de babioles qui évoquent, chacune, une rencontre, un geste, un endroit. Et des photos, bien sûr.

Je regardais hier une de date assez récente. Un homme et une femme embrassés. Classique. Qui regardent dans la même direction. Classique aussi.

J'avais du vent dans les cheveux ce jour-là. Lui, il souriait. Etait-il heureux à ce moment précis? Je ne sais pas. Me sentais-je protégée, enveloppée dans sa tendresse? Je ne sais plus. J'ai oublié ses gestes, son parfum, sa voix. Oui, comme dans la célèbre chanson. Pourtant, je me souviens l'avoir aimé. Passionnément, délicatement, tendrement.

Est-ce que j'aimais boire ses phrases sur ces lèvres sensuelles? Je ne me souviens plus.

Est-ce que les coups de son coeur se transmettaient au mien ? Je ne me souviens plus.

Est-ce que les lignes de son corps se pliaient au creux de mes mains ? Je ne me rappelle plus.

Est-ce que j'étais secouée de frissons charnels au toucher de sa peau ? Je ne me souviens plus.

Est-ce que l'on faisait l'amour avec ce déchaînement de sens, avec cette indécence qui pousse à transgresser pudeur et honte? J'ai oublié.

Est-ce que ses baisers soulevaient en moi des volcans d'émotions? Je ne me rappelle plus.

 Et notre histoire a-t-elle été iriguée de joie, d'émerveillement, de gratitude ? Je ne me rappelle plus.

Je me rappelle par contre cette phrase que charl' a, un jour écrite sur son blog, et j'ai soudain froid malgré la canicule: "une personne comme une autre, comme je croise sans doute chaque jour au fil de mes pérégrinations et dont la présence ne se grave pas en moi. "

Voilà ce qu'est devenu pour moi cet homme dont la main repose sur mon épaule. Triste...

Ma chère immuable essayait un jour de "classer" les hommes par catégories. Je ne les évoque pas ici. Mais à y réfléchir je crois qu'il n'y a que deux, en fait. Ceux qui nous aiment et ceux qui ne nous aiment pas. Ceux qu'on aime et ceux qu'on n'aime pas. Ou plus.

 Certains, même partis, continuent de rester présents quelque part, dans le paysage de nos vies. Dans quelque recoin enfoui de notre âme jonchent encore des pépites d'eux.

D'autres, hélas, ceux qui ont pietiné nos rêves et nous ont laissés désemparés, au bord du chemin sont des pensées amères.

J'aimerais avoir l'âme grande et ne pas ternir d'une seconde leur image, ne pas renier leur mémoire. Mais c'est dificile et je ne suis pas une sainte. Et les seuls souvenirs que je caresse avec tendresse sont ceux qui ne m'ont pas flétrie.

Et les seuls hommes dont j'affectionnerai toujours les traces dans ma vie sont ceux qui n'ont pas raté la femme en moi, ceux qui n'ont pas chagriné mon corps, ceux qui n'ont pas imposé à mes bras fragiles l'effort de soutenir leur piedestal.

 Je détourne ma pensée vers cet homme qui me comble à présent et auquel je me refuse parfois comme une vierge hypocrite. C'est injuste, indélicat je le sais. Mais, après m'être aventurée tel un crabe écervelé vers les rochers les plus escarpés, je crains un peu le désordre amoureux. Je refuse désormais à la passion d'imposer ses lois. Telle l'alouette d'une belle légende roumaine, je me suis trop rapprochée du soleil et j'en suis revenue les ailes cramées.

Parfois, lorsqu'il me transperce de son regard ardent je me demande ce qui va se passer si un jour on arrive au bout de notre histoire.

Son sourire, si rassurant aujourd'hui, deviendra-t-il grimace pour cacher une forme inavouable de mensonge?

Vais-je, une fois de plus, déserter sans un mot, et le laisser seul, la main tendue, ensanglantée comme celle du roi Lear?

Ou bien, aurons-nous appris, chacun de son côté, à nous désaimer en douceur, sans cachotteries, sans non-dits, sans violence aucune?

Mais, pour l'instant, c'est avec lui que je chemine, que je retrouve le goût de vivre, c'est lui qui me fit pousser de nouvelles ailes resplendissantes de beauté.

Et je chasse ces pensées malveillantes comme l'on chasse une mouche énervante dans un après-midi torride estival.

Je me laisse aimer, je me laisse aller, car, comme dirait la chanson, " je n'ai rien prévu pour demain".

 

 Ben Harper- Having Wings

 

27.05.2009

parce que les acacias

 

 

La nuit est tombée ici, près de la forêt.  Et déjà tu es reparti...  dans ton pays lointain ... je me souviens ... il y a une heure à peine ... toi et moi étions là...,  un peu épuisés, déjà presque à demi-endormis, sur ce grand lit tout sens dessus dessous, allongés l'un contre l'autre...enlacés,  presque mêlés... encore...

 

Par la fenêtre ouverte,  la lisière de la forêt m'envoie le parfum envoûtant des acacias  qui vient se mélanger à ceux planant dans cette pièce de nos ébats continuels durant tout l'après-midi ... et tout cela donne un véritable feu d'artifices olfactif...

 

J’écoute de la musique dans la maison endormie ... tout en songeant à la courbe de tes fesses qui m'ont toujours fait craquer... dès le premier instant où, de mes petits doigts fébriles, je  t’ai dévêtu comme on effeuille une rose ... c' est si bon des moments comme celui-ci où, les yeux fermés, j'ai cette intime conviction que tu es encore là, que le temps s'est arrêté ... et que les minutes ne comptent plus...

 

 

Mon corps, déserté du tien, séjourne dans ce grand lit, enveloppé par les rayons de la lune comme par une douce caresse.

 

 

Je n'ai pas voulu me rhabiller... souhaitant prolonger cet état primitif le plus longtemps possible... alors couchée sur le dos, j'aime voir cette lumière spatiale venir cacher ou éclairer les reliefs de mes courbes féminines... dans lesquelle tu t'es tant perdu...

 

 

Ton oreiller garde encore ton odeur,  je le respire... comme à la recherche d'une effluve inconnue t'appartenant, que je n'aurais pas encore recensée, et j'effleure mes joues avec ma main  comme pour te ressentir encore plus fort. Tu n'es plus à quelques centimètres de moi, et pourtant ta masculinité est aussi là sur mes doigts, invisible à l'oeil nu mais si présente...

 

 

Et soudain, tu t’incarnes là.... par la magie de ces rythmes , de ces effluves...

 

 

Du lointain je vois surgir ton visage, tes mains, tes yeux qui me brûlent.

 

 

Mon coeur respire ton nom , il palpite sous ton souvenir...

 

 

Je revis une enième fois de t'entendre cette nuit et de vouloir t'aimer.

 

 

Tu me traverses dans un double courant d'angoisse et de volupté mêlées.

 

 

Tu es soudain réincarné sur ces  draps froissés par nos émois,  tu  glisses le long de mon corps, tu  longes mes jambes avec tes lèvres et tu  caresses si calmement ma cicatrice....puis tu t'attardes doucement avec ta bouche à l’intérieur de mon genou et je  sens jusqu’au vertige la douce odeur chaude de ton envie, déjà revenue...

 

 

 

 

J'entends tes murmures qui viennent chambouler mes sens  et j’aime tellement sentir aussi tes doux mots me caresser, c'est presque magique d'ailleurs... et ça tu ne le sais pas... enfin si un peu... car mon corps me trahit déjà un peu...

 

 

Alors tu remontes ta bouche encore plus près de là où je veux qu’elle arrive...

 

 

Ta langue contourne cette zone si sensible et ...tu sens déjà ma peau frémir imperceptiblement.

Délicatement, tu touches ces lèvres humides qui s'ouvrent impatientes comme les ailes d'un papillon de la nuit.

 

Ta langue si chaude se délecte de leur nectar capiteux jailli presque par petites vagues sous ton désir.

 

Elle continue son travail insidieux de possession... elle  se fraye  un chemin, se fait de plus en plus oppressante et n'oublie pas chaque recoin bosselé ou plus éloigné de mon intimité, alors n'y tenant plus je râle doucement à l'unisson de ton souffle ardent.

 

Je caresse tes cheveux,ta nuque,  tu glisses tes mains de soie sous mes fesses, et tu me soulèves à mi-hauteur pour que mes jambes fines, comme des lianes, se nouent  autour de ton torse ...

 

J'ai toujours aimé cette position semblable à celle d'un trapéziste, où mon corps ne maitrise plus rien, où le "danger" de l'intrusion est à l'affût de chaque recoin de mon intimité...

 

Tes poils me piquent les cuisses  et attisent cette folie amoureuse qui envahit mon ventre, je cambre mes reins, toujours inapaisée, avide de tes têtons incandescents, de ton sexe turgescent prêt à s'arrimer à moi, à ma bouche...

 

Je sens de plus en plus ton sexe au bord de l'explosion suite à mes caresses...indécentes... et je souhaite te préserver encore quelques minutes... alors d'un coup de reins plus fort que les autres, je me dégage de ton étreinte...

 

Je te pousse doucement avec ma tête pour que tu t'allonges sous moi....

 

ma bouche partant de tes genoux vient encore une fois narguer ton pic bien dressé... comme un petit chat, je viens le parcourir... de haut en bas et sous toutes les coutures...

 

pendant que toi, tu pivotes afin d'être juste à hauteur de mon pubis totalement ouvert... ta curiosité ne s'arrête pas en si bon chemin car soudainement je sens que tu me mordilles... là... juste comme il faut...

 

durant quelques minutes, nos corps sont en émoi maximal... jusqu'au moment où la conclusion est inévitable... alors je me dégage de ta bouche torturante, et je viens sur toi...

 

mon sexe est brûlant comme un tison... il a besoin du tien... pour apaiser mes parois  troglodytes...

 

 

Tu  embrasses mes seins et je te regarde m’aimer, me dévorer avec tes beaux yeux de braise...

 

 

Tu caresses  mes lèvres, murmures tes désirs, désires  en murmurant.

 

 

Tu brûles  comme si tu avais une forte fièvre...

 

 

tes lèvres frissonnent comme une forêt mystérieuse, tu n’es plus un homme mais un monde paradisiaque... tu es le plus grand violoniste... tu joues comme un magicien et moi ,un violon dans tes bras, je m’enivre  de ces  notes douces, pleines de passion...

 

 

alors... je sens que ton corps est vraiment au bout de ses limites et je te laisse m'inonder enfin... dans un cri rauque et libérateur...

 

tout s'arrête soudain... tu es là, presque paralysé de plaisir... et moi je m'agrippe une dernière fois à tes épaules pour ressentir ces dernières secousses ...

 

J'ouvre les yeux... il est minuit passé... je suis seule dans cette chambre...enfin pas totalement mais en  paix ... je peux me rendormir... car je sais que, inlassablement, tu reviendras torréfier mes nuits...

 

 

 

Ray Lamontagne- Hold You In My Arms

 

 

 

 

envoyée par WelshKarey

24.05.2009

lettre à une indécise

 

Chère inconnue...

Parlerai-je d'autre chose que d'amitié à une femme -toute jolie et attirante qu'elle soit- quand elle me dit que son coeur est ailleurs ?

Ecoutez votre Coeur Catherine. C'est le plus souvent la meilleure solution : si on sait l'écouter, il ne nous trompe pas.
Si cet homme fait battre votre Coeur, courrez à lui, courrez vers cet heureux homme.
Dans le meilleur des cas (ce que je vous souhaite), vous serez heureuse d'être avec lui... Dans le cas contraire, vous serez finalement heureuse d'être libérée pour vous ouvrir, sans aucun doute, à d'autres magnifiques rencontres. Mais cette fois vous le ferez le Coeur libre et léger.

Il ne reste que ce libre arbitre... à écouter ou a museler selon le cas...
Sans toutes ces questions la Vie ne serait-elle pas triste ?

Tendrement,

 Pour Chriss, en équilibre sur la tranche d'une feuille, cette lettre que j'ai retrouvée dans mes fichiers, je ne sais pas qui l'a écrite, mais peu importe si elle peut amener à des réflexions...

Lenny Kravitz- If You Want It

envoyé par joserobersi

18.05.2009

touched by your light

Une journaliste roumaine parlait sur son blog des mots  des autres qui ont pensé pour nous, senti pour nous, libéré pour nous des amours ou des désespoirs mieux, peut-être, sûrement, que nous ne pouvons pas le faire. Quel étonnant bonheur, par exemple,  que cette déclaration  :

"I your eyes, I see the doorway to a thousand churches "

Et de me dire qu'il y a  au moins deux hommes  à me faire sentir la force de cet amour aux pouvoirs rédemptrices qui me révigore comme l'Eucharistie revigore le chrétien. L'un c'est, évidemment, Peter Gabriel. L'autre, lointain, fait pousser des herbes dans le désert et rassérènne ma solitude. Je l'avoue, je n'ai pas eu le courage de le reconnaître. Mais il viendra me chercher, me semer, me cueillir.  Son amour est "un temple". J'enlèverai mes bottes au seuil de la porte. Je ferai une prière avant d'y entrer. L'amour a désormais ses yeux et , sur ses épaules, je vais enfin reposer mes mains. Les larmes se meurent avec cet arc-en-ciel qu'il fait jaillir de mon être et je n'ai plus peur de ce terrible bonheur qu'il amène.

"para entrar en el cielo, no es preciso morir..."

Vous pouvez aussi relayer, si le coeur vous en dit, par des mots, des vers inscrits dans votre mémoire poétique.

03.05.2009

"elles sont où les larmes ?"

Je ne sais pas écrire de lettres de rupture. Suis trop maladroite ou trop pathétique ou trop acide. En outre, les 2-3 que j'ai déjà écrites ont eu l'effet contraire. Mais je sais très bien me taire. Je sors d'une histoire éreintée sans un mot. Même si l'on peut penser que j'ai un comportement idiot, stupide d'ado attardée. J'assume. Car je crois, au contraire, que larguer quelqu'un qu'on aime demande beaucoup de courage. Un courage qu'un écrivain comparait à une opération sans anesthésie avec un Opinel rouillé. Et dans ma naïveté j'imagine l'autre soulagé de ne pas avoir à dire les mots annonciateurs de la fin, alors qu'il se sent prisonnier dans la routine d'une relation où l'amour s'est émoussé et dont la flamme vacille.Structure creuse où l'on passe de la passion, par la tendresse, à l'amabilité. Même pire, à la pitié ou au ressentiment.

"Ne te retourne pas !" disait Hermès à l'inconsolable Orphée.

"Ne te retourne pas !" disaient les anges à Lot et à sa femme transformée en statue de sel pour désobéissance.

"Ne te retourne pas ! " disaient les filles du roi dans  le conte roumain Jeunesse sans vieillesse et vie sans mort, tu mourras dès ton arrivée dans ton pays.

" Ne te retourne pas, ne dis pas Adieu, ne ramasse pas tes affaires !"  Je n'ai pas obéi non plus. J'ai cédé aux promesses, aux leurres, aux larmes. Sans comprendre que ce n'est pas par amour qu'on essayait de m'amadouer. Mais parce que je suis un très bonne auditrice, un spectateur enthousiaste de la vie de "l'autre".

Il me fallait du temps pour m'en rendre compte, bien que la petite voix insidieuse n'eût de cesse de me répéter: " Il ne t'aime pas". Et je me taisais de nouveau. J'inondais les mondes de mes larmes, je déclarais le deuil, je me mettais à genoux et implorait Dieu de m'aider à l'oublier en espérant chaque matin le réveil libérateur où il ne compte plus.

Mais, dernièrement, j'ai perdu mes larmes. Plus une ne dégouline, bien que je sois plus belle après avoir pleuré ! Me serais-je abrutie ?

L'amour, quand il s'en va ne tue pas, non. Il s'enferme. Il s'efface doucement en nous. Le ciel ne tremble pas dans son indifférence. Les océans ne se démontent pas.  Mais, à y réfléchir, peut-on appeler "amour" cet état de fixation obsessionnelle à une dépendance malsaine qui nous écarte de la paix et nous ravit l'élan et la joie de vivre ? Doit-on signaler son départ par des mots qui perforeraient, qui calcineraient, qui grifferaient, qui s'installeraient dans la mémoire ? Tout ce fatras verbal ne serait-il pas venu à bout du sentiment ?

Il faut être atteint de cécité sentimentale pour ne pas comprendre la douleur renfermée dans un noeud de silence.

Heureusement, pour cet amour frais, printanier qui frappe à la porte de mon âme j'ai trois ans pour en créer le charme, la tiédeur et la rupture.

Trois ans.

" Et on sera fixés. " (merci FB)

en écho à ma M., à laquelle  je dédie ces élucubrations...

SILK

03.04.2009

recherche

Quelqu'un est tombé sur mon blog en tapant :"tu dors sur la lune". Cela m'a fait sourire, d'autant plus qu'en l'attente des nouveaux meubles, je dors sur un matelas posé à même le plancher. La chambre est presque vide pour l'instant. Mais je te sens venir. Le fil qui nous relie s'est mis à vibrer...Comme j'ai hâte de me glisser sous ta peau, de nager dans ton sang, de te caresser avec la volupté d'un aveugle. On s'embrassera, comme tu me l'as promis, au huitième jour, " le jour où tout sera calme et serein comme mon sourire, comme la pause de Dieu à la pré-éternité enceinte du Big-Bang".

 

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