27.05.2009
parce que les acacias
La nuit est tombée ici, près de la forêt. Et déjà tu es reparti... dans ton pays lointain ... je me souviens ... il y a une heure à peine ... toi et moi étions là..., un peu épuisés, déjà presque à demi-endormis, sur ce grand lit tout sens dessus dessous, allongés l'un contre l'autre...enlacés, presque mêlés... encore...
Par la fenêtre ouverte, la lisière de la forêt m'envoie le parfum envoûtant des acacias qui vient se mélanger à ceux planant dans cette pièce de nos ébats continuels durant tout l'après-midi ... et tout cela donne un véritable feu d'artifices olfactif...
J’écoute de la musique dans la maison endormie ... tout en songeant à la courbe de tes fesses qui m'ont toujours fait craquer... dès le premier instant où, de mes petits doigts fébriles, je t’ai dévêtu comme on effeuille une rose ... c' est si bon des moments comme celui-ci où, les yeux fermés, j'ai cette intime conviction que tu es encore là, que le temps s'est arrêté ... et que les minutes ne comptent plus...
Mon corps, déserté du tien, séjourne dans ce grand lit, enveloppé par les rayons de la lune comme par une douce caresse.
Je n'ai pas voulu me rhabiller... souhaitant prolonger cet état primitif le plus longtemps possible... alors couchée sur le dos, j'aime voir cette lumière spatiale venir cacher ou éclairer les reliefs de mes courbes féminines... dans lesquelle tu t'es tant perdu...
Ton oreiller garde encore ton odeur, je le respire... comme à la recherche d'une effluve inconnue t'appartenant, que je n'aurais pas encore recensée, et j'effleure mes joues avec ma main comme pour te ressentir encore plus fort. Tu n'es plus à quelques centimètres de moi, et pourtant ta masculinité est aussi là sur mes doigts, invisible à l'oeil nu mais si présente...
Et soudain, tu t’incarnes là.... par la magie de ces rythmes , de ces effluves...
Du lointain je vois surgir ton visage, tes mains, tes yeux qui me brûlent.
Mon coeur respire ton nom , il palpite sous ton souvenir...
Je revis une enième fois de t'entendre cette nuit et de vouloir t'aimer.
Tu me traverses dans un double courant d'angoisse et de volupté mêlées.
Tu es soudain réincarné sur ces draps froissés par nos émois, tu glisses le long de mon corps, tu longes mes jambes avec tes lèvres et tu caresses si calmement ma cicatrice....puis tu t'attardes doucement avec ta bouche à l’intérieur de mon genou et je sens jusqu’au vertige la douce odeur chaude de ton envie, déjà revenue...
J'entends tes murmures qui viennent chambouler mes sens et j’aime tellement sentir aussi tes doux mots me caresser, c'est presque magique d'ailleurs... et ça tu ne le sais pas... enfin si un peu... car mon corps me trahit déjà un peu...
Alors tu remontes ta bouche encore plus près de là où je veux qu’elle arrive...
Ta langue contourne cette zone si sensible et ...tu sens déjà ma peau frémir imperceptiblement.
Délicatement, tu touches ces lèvres humides qui s'ouvrent impatientes comme les ailes d'un papillon de la nuit.
Ta langue si chaude se délecte de leur nectar capiteux jailli presque par petites vagues sous ton désir.
Elle continue son travail insidieux de possession... elle se fraye un chemin, se fait de plus en plus oppressante et n'oublie pas chaque recoin bosselé ou plus éloigné de mon intimité, alors n'y tenant plus je râle doucement à l'unisson de ton souffle ardent.
Je caresse tes cheveux,ta nuque, tu glisses tes mains de soie sous mes fesses, et tu me soulèves à mi-hauteur pour que mes jambes fines, comme des lianes, se nouent autour de ton torse ...
J'ai toujours aimé cette position semblable à celle d'un trapéziste, où mon corps ne maitrise plus rien, où le "danger" de l'intrusion est à l'affût de chaque recoin de mon intimité...
Tes poils me piquent les cuisses et attisent cette folie amoureuse qui envahit mon ventre, je cambre mes reins, toujours inapaisée, avide de tes têtons incandescents, de ton sexe turgescent prêt à s'arrimer à moi, à ma bouche...
Je sens de plus en plus ton sexe au bord de l'explosion suite à mes caresses...indécentes... et je souhaite te préserver encore quelques minutes... alors d'un coup de reins plus fort que les autres, je me dégage de ton étreinte...
Je te pousse doucement avec ma tête pour que tu t'allonges sous moi....
ma bouche partant de tes genoux vient encore une fois narguer ton pic bien dressé... comme un petit chat, je viens le parcourir... de haut en bas et sous toutes les coutures...
pendant que toi, tu pivotes afin d'être juste à hauteur de mon pubis totalement ouvert... ta curiosité ne s'arrête pas en si bon chemin car soudainement je sens que tu me mordilles... là... juste comme il faut...
durant quelques minutes, nos corps sont en émoi maximal... jusqu'au moment où la conclusion est inévitable... alors je me dégage de ta bouche torturante, et je viens sur toi...
mon sexe est brûlant comme un tison... il a besoin du tien... pour apaiser mes parois troglodytes...
Tu embrasses mes seins et je te regarde m’aimer, me dévorer avec tes beaux yeux de braise...
Tu caresses mes lèvres, murmures tes désirs, désires en murmurant.
Tu brûles comme si tu avais une forte fièvre...
tes lèvres frissonnent comme une forêt mystérieuse, tu n’es plus un homme mais un monde paradisiaque... tu es le plus grand violoniste... tu joues comme un magicien et moi ,un violon dans tes bras, je m’enivre de ces notes douces, pleines de passion...
alors... je sens que ton corps est vraiment au bout de ses limites et je te laisse m'inonder enfin... dans un cri rauque et libérateur...
tout s'arrête soudain... tu es là, presque paralysé de plaisir... et moi je m'agrippe une dernière fois à tes épaules pour ressentir ces dernières secousses ...
J'ouvre les yeux... il est minuit passé... je suis seule dans cette chambre...enfin pas totalement mais en paix ... je peux me rendormir... car je sais que, inlassablement, tu reviendras torréfier mes nuits...
Ray Lamontagne- Hold You In My Arms
envoyée par WelshKarey
16:40 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : amour, passion, intimité, vidéo
24.05.2009
lettre à une indécise
Chère inconnue...
Parlerai-je d'autre chose que d'amitié à une femme -toute jolie et attirante qu'elle soit- quand elle me dit que son coeur est ailleurs ?
Ecoutez votre Coeur Catherine. C'est le plus souvent la meilleure solution : si on sait l'écouter, il ne nous trompe pas.
Si cet homme fait battre votre Coeur, courrez à lui, courrez vers cet heureux homme.
Dans le meilleur des cas (ce que je vous souhaite), vous serez heureuse d'être avec lui... Dans le cas contraire, vous serez finalement heureuse d'être libérée pour vous ouvrir, sans aucun doute, à d'autres magnifiques rencontres. Mais cette fois vous le ferez le Coeur libre et léger.
Il ne reste que ce libre arbitre... à écouter ou a museler selon le cas...
Sans toutes ces questions la Vie ne serait-elle pas triste ?
Tendrement,
Pour Chriss, en équilibre sur la tranche d'une feuille, cette lettre que j'ai retrouvée dans mes fichiers, je ne sais pas qui l'a écrite, mais peu importe si elle peut amener à des réflexions...
Lenny Kravitz- If You Want It
envoyé par joserobersi
21:05 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : amitié, amour, décisons, vidéo, lenny kravitz
20.05.2009
(wo)men's land
Je vais chaque semaine dans un centré de beauté de mon quartier ( histoire de donner un look encore plus agréable à ma beauté intérieure ). C'est petit, c'est convivial, c'est l'endroit idéal pour la snob que je suis. Mais l'autre jour, pendant que j'attendais sagement mon tour, j'eus soudainement une sensation singulière d'égarrement. Comme si j'étais une intruse. Il faisait chaud et plusieurs portes étaient entrebâillées. Ainsi, je pus apercevoir sur un lit un homme qui était en train de se faire épiler les sourcils. A ma droite, un autre, auquel on faisait la manucure. Et lorsque, enfin, je me laissai aux mains de la coiffeuse, elle me dit d'une voix enjouée : "Dana, je te présente D. Il est Français." Bien sûr, avec ce sourire craquant il ne pouvait être qu'un French Lover. Nous fîmes connaissance et il m'expliqua qu'il avait choisi la Roumanie comme terre d'accueil (et moi qui pensais que l'immigration était à sens unique). Je réprimai l'envie coquine de lui dire "Je vous trouve très beau" comme dans le film du même nom, tellement il ressemblait à cet acteur (dont j'ai oublié le nom). Par contre, c'est lui qui me fis remarquer à un moment donné, alors que ma coiffeuse s'ingéniait à dompter mes cheveux : "Vous avez l'air d'une gheisa avec les cheveux ainsi relevés . " Ils étaient plutôt ébouriffés, en bataille, mais peu importe, je rosis et lui demandais s'il avait vu le film. "Non, mais j'ai lu le livre".
Un intello! Finis les papotages entre filles sur la cellullite, les produits de beauté, les couches, les love affairs de la ville ou les diètes magiques. Il va falloir, dorénavant, intellectualliser les discours. Apparemment, ce n'est plus dans les gyms, dans les cafés ou sur le net qu'on va trouver l'âme-soeur, mais chez le "hair styliste". Alors, avant de vous y rendre, les filles, prenez un peu de temps pour regarder le derby de la semaine, visionner 2-3 films cultes, pas de chick flick hein, et lire un livre (à défaut, il y a de très bons book reviews dans certains journaux )!
Vivement le suivant beauty day !
Cocorosie- Beautiful Boyz
21:46 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : futilités, femme, musique, vidéo, cocorosie
18.05.2009
touched by your light
Une journaliste roumaine parlait sur son blog des mots des autres qui ont pensé pour nous, senti pour nous, libéré pour nous des amours ou des désespoirs mieux, peut-être, sûrement, que nous ne pouvons pas le faire. Quel étonnant bonheur, par exemple, que cette déclaration :
"I your eyes, I see the doorway to a thousand churches "
Et de me dire qu'il y a au moins deux hommes à me faire sentir la force de cet amour aux pouvoirs rédemptrices qui me révigore comme l'Eucharistie revigore le chrétien. L'un c'est, évidemment, Peter Gabriel. L'autre, lointain, fait pousser des herbes dans le désert et rassérènne ma solitude. Je l'avoue, je n'ai pas eu le courage de le reconnaître. Mais il viendra me chercher, me semer, me cueillir. Son amour est "un temple". J'enlèverai mes bottes au seuil de la porte. Je ferai une prière avant d'y entrer. L'amour a désormais ses yeux et , sur ses épaules, je vais enfin reposer mes mains. Les larmes se meurent avec cet arc-en-ciel qu'il fait jaillir de mon être et je n'ai plus peur de ce terrible bonheur qu'il amène.
"para entrar en el cielo, no es preciso morir..."
Vous pouvez aussi relayer, si le coeur vous en dit, par des mots, des vers inscrits dans votre mémoire poétique.
20:31 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : amour, foi, peter gabriel, vidéo
03.05.2009
"elles sont où les larmes ?"
Je ne sais pas écrire de lettres de rupture. Suis trop maladroite ou trop pathétique ou trop acide. En outre, les 2-3 que j'ai déjà écrites ont eu l'effet contraire. Mais je sais très bien me taire. Je sors d'une histoire éreintée sans un mot. Même si l'on peut penser que j'ai un comportement idiot, stupide d'ado attardée. J'assume. Car je crois, au contraire, que larguer quelqu'un qu'on aime demande beaucoup de courage. Un courage qu'un écrivain comparait à une opération sans anesthésie avec un Opinel rouillé. Et dans ma naïveté j'imagine l'autre soulagé de ne pas avoir à dire les mots annonciateurs de la fin, alors qu'il se sent prisonnier dans la routine d'une relation où l'amour s'est émoussé et dont la flamme vacille.Structure creuse où l'on passe de la passion, par la tendresse, à l'amabilité. Même pire, à la pitié ou au ressentiment.
"Ne te retourne pas !" disait Hermès à l'inconsolable Orphée.
"Ne te retourne pas !" disaient les anges à Lot et à sa femme transformée en statue de sel pour désobéissance.
"Ne te retourne pas ! " disaient les filles du roi dans le conte roumain Jeunesse sans vieillesse et vie sans mort, tu mourras dès ton arrivée dans ton pays.
" Ne te retourne pas, ne dis pas Adieu, ne ramasse pas tes affaires !" Je n'ai pas obéi non plus. J'ai cédé aux promesses, aux leurres, aux larmes. Sans comprendre que ce n'est pas par amour qu'on essayait de m'amadouer. Mais parce que je suis un très bonne auditrice, un spectateur enthousiaste de la vie de "l'autre".
Il me fallait du temps pour m'en rendre compte, bien que la petite voix insidieuse n'eût de cesse de me répéter: " Il ne t'aime pas". Et je me taisais de nouveau. J'inondais les mondes de mes larmes, je déclarais le deuil, je me mettais à genoux et implorait Dieu de m'aider à l'oublier en espérant chaque matin le réveil libérateur où il ne compte plus.
Mais, dernièrement, j'ai perdu mes larmes. Plus une ne dégouline, bien que je sois plus belle après avoir pleuré ! Me serais-je abrutie ?
L'amour, quand il s'en va ne tue pas, non. Il s'enferme. Il s'efface doucement en nous. Le ciel ne tremble pas dans son indifférence. Les océans ne se démontent pas. Mais, à y réfléchir, peut-on appeler "amour" cet état de fixation obsessionnelle à une dépendance malsaine qui nous écarte de la paix et nous ravit l'élan et la joie de vivre ? Doit-on signaler son départ par des mots qui perforeraient, qui calcineraient, qui grifferaient, qui s'installeraient dans la mémoire ? Tout ce fatras verbal ne serait-il pas venu à bout du sentiment ?
Il faut être atteint de cécité sentimentale pour ne pas comprendre la douleur renfermée dans un noeud de silence.
Heureusement, pour cet amour frais, printanier qui frappe à la porte de mon âme j'ai trois ans pour en créer le charme, la tiédeur et la rupture.
Trois ans.
" Et on sera fixés. " (merci FB)
en écho à ma M., à laquelle je dédie ces élucubrations...
SILK
23:20 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : amour, désamour, vidéo, béigbéder, love, eternity, letting go
02.05.2009
Merci l'Allemagne, merci la France !
Hier soir, lors d'un débat télévisé, on a demandé à un piètre respectable homme politique s'il y avait au moins un secteur en Roumanie qui résistait à la crise.
-Oui, la Logan !
Et cela, grâce aux Allemands et aux Français qui, par certains programmes, sont encouragés à acheter notre voiture nationale, l'ancienne Dacia relookée.
Vous me connaissez déjà, un rien me suffit pour me plonger des années en arrière. Ces années de disette où, avec S., écolos à notre insu, on vendait les pots et les bouteilles en verre vides pour nous acheter des livres. Où, faute de télé, on passait le temps avec les amis ou dans le balcon à regarder les "fenêtres de Dieu" (j'aime cette expression de Kundera pour désigner le ciel ). Où, les soirs d'hiver, comme il y avait très peu de chauffage et que l'on coupait aussi l'électricité on était obligés de se blottir l'un contre l'autre, de s'égarer l'un dans l'autre. Que d'enfants ont été conçus par ces temps de crise, par ces temps d'amour! On avait droit à une seule voiture par famille, pire, à un seul permis de conduire par famille. Et quand bien même on possédait une voiture, l'essence manquait.
Lorsque je conduisais une vieille voiture automatique sur des routes presque désertes à Auckland, je me laissais en proie au tourbillon des pensées, au souvenir des compromissions et aux ambitions vaniteuses. Et puis, du parking au boulot, mes pas paresseux longeant les rues m'inscrivaient dans ma routine quotidienne. Quelle ville sorcière que celle de A. ! Elle me donnait toujours l'illusion de l'ubiquité, surtout cette rue piétonne, ma préférée, parsemée de petits cafés et de crêperies dont les noms m'attiraient comme un aimant. "Café Bonjour", " Le Petit Bouchon"... j'avais envie de me déchausser et de piétiner ces pierres, ces distances qui me séparaient de l'homme que j'aimais. Parfois, dans un embouteillage, je faisais même mon petit cinéma: la femme rompue qui écoute de la musique planante, la tête appuyée contre le volant.
Aujourd'hui, je regarde par la fenêtre cette belle Mégane récupérée chez mon père et que j'ose pas conduire. J'ai perdu mes réflexes. Le lévier de vitesse m'effraie, le frein n'en fait qu'à sa tête, l'embrayage est mon pire ennemi. Impossible de rouler la main posée sur le genou de l'autre, impossible de lui caresser la nuque pendant ! Seul avantage: l'esprit qui n'a plus le temps de vagabonder, piégé comme il est par le traffic.
Vivement que je me trouve un moniteur doué et , surtout, très patient. Sinon, par la crise qui coure, il ne me reste que l'amour.
Bob Sinclair- Love Generation
08:21 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : crise, amour, roumanie, vidéo, love generation