22.01.2012

de la pluie ? non, du beau temps

Je sais, mon infidélité capricieuse par rapport à cet espace est lassante, mais j'ai du mal à émerger de ma torpeur, de cette douceur sans mièvrerie des vacances, c'est comme si je m'arrachais brusquement à un rêve et à son intimité caressante, feutrée. C'est vrai que les manifestations de rue de chez nous, les nouvelles gaffes de l'EN me mettent en rogne et m'inciteraient plutôt à des coups de gueule, mais ce n'est pas poli, non, de publier une première note 2012 colère, ce sera pour plus tard, surtout que, pour maintes raisons, j'affectionne particulièrement le mois de janvier.

J'ai donc troqué mes escarpins de réveillon contre des bottes fleuries avec lesquelles la vie se patine mieux et me suis laissée entraîner , une fois de plus, par Philéas, dans l'aventure bretonne.

 

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Même pas peur du vent et du crachin, sachez qu'en Bretagne "il n'y a pas un jour sans soleil" (notre hôte André dixit, et on n'a pas intérêt à le contredire, vu ses 2 mètres et ses racines).

Tiens, une preuve pour les éventuels détracteurs ; )

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Cette période de gambades, de vent et de pluie qui cliquette, de bougies parfumées et de feu dans la cheminée ne fut donc guère propice à l'effervescence intellectuelle, mais à une lenteur génératrice d'un sel exquis dont on a pimenté les mets et les soirées. J'en ai même ramassé un butin avant de partir !

Mais comme je viens de lire dans un livre de classe que "les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu" (S. Guitry), je ne vais plus vous bassiner avec ma Bretagne.  Juste la remercier de me recevoir à chaque fois comme un invité de marque, en déployant à mes pieds son dais de merveilles.

Sinon, quoi que disent les mauvaises langues, j'ai une bonne nouvelle :

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Claude Guéant est minable, dans la gare de Paris Nord j'étais dépitée par les groupes de Roms qui apportent un énorme préjudice à l'image de mon pays,  cette année le shorty, le boxer, la petite culotte voire le slip taille haute gainant en tulle, en crêpe de soie et en dentelle l'emportent  sur le string (je parie que bientôt la foufounette dépeuplée sera surranée ) et j'ai du mal à imaginer plus beau tableau qu'un coucher de soleil dans les nuages. Si ce n'est sur le port Loubous...

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16.10.2011

mes sources

Récemment, Tifenn parlait de ses sources, de ce qui la nourrit et la comble.

http://laviequonaime.blogspot.com/2011/10/les-sources.html

Elle s'interrogeait sur les nôtres, j'ai voulu répondre, mais j'allais dire comme tout le monde. Et c'est vrai. Elle, lui, les miens, les livres, la musique, la Breizh. L'amour, l'amitié, car je ne connais qu'une seule alchimie qui donne de l'éclat à une vie : les sentiments. Même si parfois ils sont nos couronnes d'épines...

Et aujourd'hui, en corrigeant des copies, j'ai réalisé que eux aussi. Les élèves. Quelque dissipés, quelque chiants qu'ils soient parfois, ils me ressourcent, surtout lorsqu'ils dévoilent une sensibilité guère meurtrie par ce monde de plus en plus endurci et violent. Un monde qui a plutôt tendance à cataloguer comme  mièvres des sentiments purs qui s'expriment sans fioritures, un peu comme les manières ancestrales, immuables, dont le but est très clair. 

Ils devaient donc  écrire une lettre. Raconter. Imaginer une rencontre de jour J. Une de celles qui s'imposent comme une évidence et qui met fin aux quêtes, aux errances.

Parfois des pépites. Des lucioles brillaient entre mes mains. Ils effeuillaient des rêves...

 

"Chère amie,

ma première pensée est de t'écrire et de te raconter le jour J., mon extraordinaire rencontre avec ce jeune immigré polonais...

C'était en février 1942 et j'avais à cette époque-là vingt-quatre-ans et j'étais belle comme une fleur, mais à quoi bon tout ça...

Je me promenais avec Simon et, à quelques mètres de nous, un Monsieur, avec son béret et son écharpe nous regardait en silence...j'ai eu le sentiment de l'avoir déjà vu, de l'avoir attendu, de l'avoir aidé. C'était un homme de 1,78 mètres de haut et son allure générale de monsieur Tout le Monde dévoyé, me donnait une forte impression de protection, de douceur, de courage, de sincérité.

Ce fut comme un miracle...

Ce fut comme un bonheur...

Comme un rayon de soleil qui éclairait et qui transmettait de la force et de la félicité...je sentais que la gaieté me revenait, que la solitude allait disparaître d'un seul coup...

C'était bien vrai. A partir de ce moment-là, nous sommes devenus tous les deux  un tout capable de tout.

 Peu importe à quel dieu l'on croit : c'est la foi, ce n'est pas le Dieu qui fait les miracles.

Et de ma part, reçois tout ce qu'il y a de tendre, d'affectueux et sache que je suis et serai toujours ton amie dévouée. "

"Mais qui a eu cette idée folle d'inventer un jour l'école ? " 

Merci  Charlemagne !

P.S. - Vous voyez, Mister Ruquier, 85% des Roumains n'apprennent pas le français pour faire la manche. Mais pour nous émerveiller avec leurs petits mots générateurs d'ondes qui percutent notre esprit, qui sauront s'insinuer dans notre mémoire poétique. Alors que les vôtres, éthérés, inconsistants, ne font frissonner que de dégoût, ne sont que de petits cailloux glissés dans les sandales, gênants, sûrement, mais qui n'empêchent pas d'avancer pour autant.

J'ose ? Oui, j'ose relayer la question de Tifenn :

" et les vôtres ? "

 

tifenn,richard morgière,"un petit homme de dos",lectures

 

 

22.09.2011

à la manière d'Orsenna

( c'est osé,  prétentieux, je sais...)

" Imaginez la plus vaste des étendues bleues, saupoudrée jusqu'à l'horizon d'une centaine de rochers entre lesquelles glissent des voiles... "

Imaginez des caps rocheux se teinter de nuances et de lumières insoupçonées lorsque le soleil fait son apparition ou qu'il descend se coucher sur une ultime étreinte flamboyante du ciel et de la mer...

Imaginez des falaises vertigineuses de granit - chacune une oeuvre d'art -prises d'assaut par les vagues crêtées de blanc, déferlantes, chevauchée triomphante et infatiguable...

Imaginez des arpents de lande rase sillonnés par des sentiers bordés de mûres, de prunelles  ou de fougères...

Imaginez le vent habituel, bon enfant,  ou bien le vent violent qui soulève des paquets d'écume par temps de suet et de tempêtes...

Imaginez l'océan paisible, miroitant, chatoyant les jours de grand calme ou bien dangereux, surnois, faisant soudainement jaillir des lames de fond menaçantes pour le pêcheur aux mains calleuses et au visage buriné...

Imaginez des maisons blanchies à la chaux, toit en ardoise, encadrements des portes et des fenêtres en granit, pignons fleuris par les hortensias se déclinant du rose au bleu en passant par les mauves et les rouges...

Imaginez un lavoir recouvert de conferve et entouré de petites fleurs blanches et roses semblables à des hosties...

Imaginez des balades requinquantes sous un mélange de pluie et d'embruns  ou bien sous un crachin calme et tonique, et les clins d'oeil du soleil lorsque la brume daigne se déchirer...

Tout s'y ligue pour susciter l'enchantement. La Bretagne, c'est ma liberté, mon luxe, ma part de merveilleux.

Là-bas, au bout de la terre, sous la lande, elle est mienne, totalement.

(je vous mets quand même quelques photos pour vous faciliter la tâche...)

 

bretagne,armor,breizh,orsenna

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30.12.2010

il n'y a pas de fumée sans feu, n's'pas ?

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C'est vrai, j'ai pris du temps et du recul - je vous raconterai plus tard- mais je suis aussi allée allumer le feu au fin fond de ma Bretagne, qui, une fois de plus, a tenu ses promesses.

 

Soleil doux, goélands, des fleurs bravant l'hiver et les brumes, le village des petits lutins de Yves le barbu, scintillant au port du Brézellec.

Et le feu donc. Quelle vie en effet,  comme dirait mon écrivain du fond de l'âme.

Ty Breizh...Ca se respire, ça se renifle, ça se gambade, ça se grimpe, ça se vente, ça se tait. Ca crépite, ça réchauffe de partout, ça donne des frissons qui goulinent l'échine.

Je vous offre ces quelques photos prises par mon Phileas en témoignage, avec cette petite comptine surgie de je ne sais pas où :

"Bonne année, bonne santé,

c'est le temps d'aller au lit,

c'est le temps de faire vos rêves,

c'est le cinéma gratuit ! "

Je vous biche dans mes bras, vous souhaite un réveillon pétillant et vous dis à bientôt !

 

 

 

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31.08.2010

moires d'argent et d'ardoise, sous le ciel ouvert...

" La légende veut que, par un soir d'orage, en forêt de Brocéliande, les farfadets aient guidé les sabots des chevaux de la princesse Anne et de ses chevaliers jusqu'à l'humble masure d'un bûcheron où ils s'abritèrent. Ses sens éveillés par la bonne odeur qui émanait d'un pillig, elle goûta sa première galette et fut conquise."

C'est , sans doute, le même charme qui opéra sur moi, il y a deux ans,  une fois descendue de la voiture pour prendre la première photo de la Baie des Trépassés.  Etrange sensation que de se retrouver sur ces terres arrides, acides, sauvages, dont,  il y a des dizaines de siècles, gobelins,  korrigans, poulpiquets, farfadets, lutins disposaient à leur gré jusqu'au jour où des gens vienrent disputer leur territoire et se mirent à crapahuter sur les cailloux, à arpenter les sentiers étroits ou à lézarder sur les rochers ouverts aux vents et marées.

Il m'est arrivé, par superstition, d'éviter de revenir dans un endroit, de peur que la magie  diminue... Ce ne fut pas le cas . Au contraire...

La nouvelle rencontre avec les différents ports et  pointes de la Bretagne et la fine pointe de mon coeur , avec ses gens, sa cuisine et ses traditions eut l'éclat soyeux d'un galet poli par les marées et l'alchimie fut, de nouveau, foudroyante.

Elle sait mieux que personne apaiser les âmes rebelles...les voix s'amenuisent...les mots se font rares... Un salut avec les randonneurs. Un soupir d'aise. Et surtout des points d'interrogation. Ou d'exclamation : "Regarde !" ..." C'est magnifique!"... "Ecoute !"...

On navigue à la vue et à l'ouïe... on laisse le vent têtu, la pluie cinglante, le remous des vagues se raconter eux-mêmes.

On s'avance lentement, avares de paroles, le coeur sonore.

Oui, c'est difficile de raconter ces moments vécus à plein temps avec le merveilleux. Il faut s'y rendre, s'y écorcher les gambettes, musarder dans les bruyères et les fougères.

Envoûtant spectacle qui continue même après que le rideau de la nuit est tombé. Fracas, remous, bateaux et phares palpitans, clignotants... et cet exquis parfum de vie, précieux elixire  fignolé par des instants de douceur, de tendresse  et de complicité.

 

 

Je vous laisse regarder quelques vidéos réalisées par Phileas Fogg avec son Pana Lumix, le temps que j'écrive les autres rencontres de cet été...  

 

25.08.2010

revenir à l'est, lentement

Mais pas complètement. J'ai la tête ailleurs. Le coeur aussi. Je défais, je lave, je repasse, je plie, je range. La tête ailleurs. Comme une coquille que l'on porte à ses esgourdes, des souvenirs récents affluent et le coeur se ratatine par à-coups, les yeux dégoulinent. Ce n'est pas facile de heurter le réel après des vacances de rêves. Ca fiche le blues...

Il y eut de superbes rencontres, magnifiées pas des regards, des pensées, des mots touchants, sans fioritures et qui restent collés à la mémoire. Je vous raconterai plus tard, par bribes, dans le désordre, à ma façon.

Il y eut des balades qui m'ont gonflée d'énergie. Même sous le vent. Même sous la pluie mordante. En Passepartout insouciant et indocile aux obligations, j'ai suivi mon Phileas Fogg muni de cartes, de GPS, de jumelles, d'APNs, de K-Ways, de friandises. J'ai humé le sel, le vent du large, histoire d'accumuler de petites bulles de bien-être pour m'en nourrir par la suite.

Si on veut réduire le trou de la Sécu, on devrait rendre les gens heureux. Les envoyer en Bretagne. Rembourser crêpes, galettes, cidre, kouign amann, caramels...

La Bretagne est un sas de décompression. Une période entre parenthèses pour prendre du champ, voir du large.

Comme l'océan. Devant son éternité miroitante, pieds nus et âme en apesanteur, on approche des dimensions de son esprit qu'on avait seulement pressenties. On apprend le silence et la contemplation.

Et vous savez quoi ? J'ai grandi ! Des bras d'amour, d'amitié, de tendresse, m'ont serrée, m'ont choyée, m'ont caressée, m'ont élevée.

Vers le vrai. Vers le beau.

 

 

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P.S.-l'horloge de la chambre d'amis de ma Jeanne
 
 

17.07.2010

breizh, mi a(r)mor

Bon,  les vacances fun et glamour dans le sud, tellement requinquantes,  touchent à leur fin. J'ai suivi vos précieux conseils et me suis ouverte à tout, comme les boutiques ces jours-ci de "dernières démarques". La balance est clémente, malgré les glaces mangées dans la nuit "O sorbet d'amour" et les pizzas provençales (chèvre, miel) au "Pastasciutta" où, avec un peu de chance, vous pouvez tomber sur un serveur d'humeur délicieuse. J'ai vainement tenté de minauder devant sa carte desserts, en lui disant "d'accord, je vais lire, mais je suis pas sûre de..."  "Mais si, mais si, petites joueuses" . Et hop, des profiterolles, à deux quand même !

J'ai donc fêté le 14 juillet avec des Roumains dans un resto italien, mais, au moins, le Petit Prince -auquel le serveur a gracieusement glissé l'addition- et le dessert étaient français ! Histoire de se laisser emparer par un plaisir capiteux. Et pour terminer en feu d'artifices.

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 Après tous ces écarts, je me mets en mode SMS (sans médias ou alors très très peu pendant quelques semaines ). Littérature glandulante, musique planante (ou pas), la mer frangée d'écume, les falaises escarpées, rencontres tellement espérées,  je vais essayer de snober tous les soucis et de faire la pensée buissonnière, des étoiles dans les yeux, du sable dans les oreilles  et un océan frémissant au bout du chemin.

Je vous embrasse, mes chers amis. Signez un pacte avec le bon côté des choses, soyez heureux. Et que ça éclabousse !!!

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