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14/09/2009

"Ma voyante me l'avait prédit !"

Ce soir une note déjantée car je viens de finir un livre offert par le Petit Prince et la Diva( "Mort aux cons"- Carl Aderhold), dans le désir peut-être de me rendre plus supportable la rentrée avec ses embûches. Une lecture apaisante, véritable dérivatif destiné à nous faire subir avec un détachement supérieur les contingences : la voisine qui met en marche son lave- linge à 7 heures du matin, l'autre qui joue de la clarinette en pleine sieste de dimanche, le gars qui t'engueule d'avoir pris "sa" place sur le parking public ou la collègue qui te fabrique un emploi du temps en lambeaux.

Un livre écrit avec un cynisme empreint d'humour grincheux, de remarques rock'n'roll par un type qui déteste les clichés, qui préfère le Gros Minet au joli Titi et qui s'ingénie à expérimenter l'effet thérapeutique d'une lame ou d'un revolver sur le sujet de ses questionnements et de son combat ardu : le con.

"Un concept très actuel.D'un nihilisme radical avec une petite touche de sarcasme gouailler. "

Après avoir établi quelques catégories : le con vecteur, le con citoyen, le con tracté, le con casseur, le con sensuel ou le con voyeur, par souci de précision il instaure des degrés dans leur niveau de connerie, " entre celui dont c'est héréditaire (le con génital), celui qui reste égal à lui-même quelle que soit la situation (le con stable), celui qui bat tous les records (le con sidérant ou le con primé) et enfin celui qui est guéri (le con vaincu).

Mais là, il formule de forts doutes...

 Je vous livre un passage de son manifeste, un avant-goût prometteur de lecture peut-être:

" Après toutes ces années de lutte, pas même clandestine mais anonyme, il m'a paru nécessaire de passer à une nouvelle étape: faire connaître mon combat auprès de l'opinion publique. Passé le premier moment de stupeur, les gens ne manqueront pas de s'interroger sur la nature et le sens de mon action. J'espère ainsi que mon manifeste provoquera un choc salutaire et aidera à une véritable prise de conscience. N'étant pas violent par nature, je ne souhaite pas que d'autres prennent le relais de la lutte armée, mais plutôt que se crée un mouvement politique de masse, anti-cons.

Il y a aussi une autre raison, plus pragmatique, à la publication de ce manifeste. Ma longue expérience en la matière me fait dire que, contrairement à une idée répandue, les cons ne sont pas réformables. Les campagnes de prévention ou les actions pédagogiques n'ont pas de prise sur eux. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquilles: la peur. Je veux qu'ils sachent que je les surveille et que le temps de l'impunité est révolu. J'ai bien conscience qu'en agissant ainsi je prends un risque: il ne faudrait pas qu'un con averti en veuille deux, ce qui rendrait ma tâche encore plus difficile."

Et un petit conseil avec votre permission: si vous portez un uniforme, si vous êtes un DRH ou un prof aigri, un fonctionnaire hautain ou une femme qui n'arrête d'asséner à son amant des clichés sur les traumatismes de l'enfance et les rapports avec les parents qui entraveraient sa chance au bonheur, un partisan de la réforme à tout prix, méfiez-vous.

On ne sait jamais quelle idée saugrenue peut sévir dans la tête d'un rattrapeur de torts qui, dans un moment d'élan caritatif, se chargera de vous faire zigouiller.